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Jean-Pierre du Teil de Beaumont

6 juin 2017





Jean-Pierre du Teil est né le 15 juillet 1722 et fut baptisé le lendemain à Châbons (Isère). Il était le fils de François Du Teil, lieutenant au Régiment Royal d'Artillerie et de Marguerite de Chambaran. Dès son plus jeune âge il entra comme cadet dans l'artillerie, poursuivant ainsi la coutume familiale. Jean-Pierre fit toutes les campagnes menées par le Régiment Royal d'Artillerie, de 1733 jusqu'en 1760.

Il a contribué à la défense de Bitche en 1744 puis fut blessé par un éclat de bombe au siège de Tournay en 1745. De 1757 à 1760 il participe aux campagnes de la Guerre de Sept Ans en Allemagne.

Il obtient une pension de retraite, à sa demande et pour raisons de santé, le 26 mai 1760. L'année suivante il retourne volontairement aux armes et réintègre l'artillerie le 20 juin 1761. Il se trouve à La Rochelle en 1765.



Le port de La Rochelle en 1762 - Joseph Vernet, Musée de la Marine


L'école militaire d'Auxonne

Notre homme fut nommé en 1779 au commandement de l'école d'artillerie d'Auxonne, où il sera promu maréchal de camp en 1784. Il en sera le commandant pendant onze ans et y instruit successivement quatre régiments d'artillerie, ceux de Strasbourg, d'Auxonne, de Besançon et de La Fère.

Napoléon Bonaparte arriva à Auxonne en juin 1788 et suivit les cours de l'école, qui était toujours commandée par le commandant Du Teil. Ce dernier se fit remarquer dès les premiers moments de la Révolution, par son dévouement au principe monarchique et par son énergie dans la répression d'insurrections militaires, notamment celles qui éclatèrent en Bourgogne, en 1789 et 1790. Pour contrer l'un de ces soulèvements à Auxonne en 1789, Du Teil pris pour aide de camp le lieutenant Bonaparte qui lui fut très utile. D'une famille militaire, le commandant était assez porté vers les idées nouvelles, il se montrait disposé à faire le meilleur accueil aux jeunes gens désireux de s'instruire et à faciliter leurs débuts. Il s'intéressa particulièrement à Napoléon en qui il voyait un travailleur prometteur.


Bonaparte, général en chef de l'armée d'Italie, dessiné d'après nature à Milan ; gravé par Canu - BNF


La Révolution

Jean-Pierre Du Teil n'émigra pas à la Révolution, malgré toutes les instances qui lui furent faites, disant que la place de la noblesse était en France à la tête de la résistance. En 1792 il était en Lorraine, près de Metz, au château d'Ancy-sur-Moselle où il avait envoyé ses filles, ce pays étant plus tranquille que le Dauphiné. Des poursuites furent adressées contre lui et les soldats de la République vinrent faire une visite à son domicile, la nuit, pour s'emparer de sa personne. Il eut le temps de se réfugier sur un arbre et fut sauvé par l'énergie et le sang-froid de ses filles, qui grisèrent les émissaires de la police et trouvèrent le moyen de les renvoyer. Ce fut cette nuit-là qu'elles brûlèrent les papiers compromettants, où étaient toutes les lettres du prince de Condé, avec lequel Du Teil correspondait intimement.

Dans une autre occasion, des insurgés le menacèrent de mort:

« Tuons le général, ce sera un aristocrate de moins ! crièrent les émeutiers
- Tuez-moi, ce sera un aristocrate de moins! mais vous serez douze cents misérables de plus ! leur répondit le baron. »

Du Teil fut arrêté à Grenoble et conduit à Lyon le 25 février 1794 pour être jugé par le Tribunal Révolutionnaire de la ville. Il était accusé d'avoir entravé par ses lenteurs une grande opération militaire - le siège de Toulon en 1793 - ainsi que d'avoir envoyés deux fils en émigration durant la Révolution.

Dès le lendemain il fut jugé par le Tribunal Révolutionnaire de Lyon « considérant qu'il était atteint et convaincu, par suite de son aristocratie, de sa haine pour la Révolution et de sa communication et liaison avec un fils rebelle et fugitif, d'avoir donné, le 13 brumaire dernier (3 novembre) un ordre contre-révolutionnaire ».

" Jugement rendu par la Commission militaire à Lyon, Commune Affranchie, qui condamne à la peine de mort Jean-Pierre Du Teil, l'aîné, général divisionnaire d'artillerie. Le 8 ventôse an 2 (26 février 1794) à Lyon, Commune Affranchie, place du Temple et de la Raison. "


Jean-Pierre Du Teil, soldat septuagénaire qui comptait soixante-trois ans de services et quinze campagnes, fut fusillé le jour même de la sentence, 26 février 1794 « en grand appareil, afin de mieux épouvanter ceux qui seraient tentés de l'imiter ».

Les jeunes officiers de l'armée, qui allaient faire toutes les campagnes de la Révolution avaient, pour la plupart, servi sous le commandant Du Teil. Il est curieux de rapprocher le jugement du tribunal révolutionnaire de celui de Bonaparte sur son ancien commandant d'école. Napoléon écrivit à propos du baron Du Teil:

« Il ne partagea pas l'opinion nationale ; il était déjà fort âgé, mais bon français. Il refusa cependant d'émigrer et resta à son poste. Il ne put échapper au comité de surveillance de Collot d'Herbois et de Fouché ; il fut traduit au Tribunal Révolutionnaire et condamné à mort. Son jugement était motivé sur les retards qu'il avait mis à envoyer l'artillerie pour le siège de Toulon. C'est en vain qu'il produisit les lettres de remerciements que je lui écrivait pour le bon ordre et l'activité qu'il avait mis dans l'envoi de ces convois ».


Plaque commémorative au château de Pommier-de-Beaurepaire (Isère)


Le testament de Bonaparte

Une grande amitié liait Napoléon Bonaparte au baron Du Teil: ce dernier joua un rôle important dans l'instruction du futur empereur, à tel point que Bonaparte se souvint lors de la rédaction de son testament de la sollicitude et de l'amitié dont l'avait entouré, de 1788 à 1792, son ancien commandant d'école:

« Ce 24 avril 1821, Longwood.
Ceci est un quatrième codicille à mon testament. Par les dispositions que nous avons faites précédemment, nous n'avons pas rempli toutes nos obligations, ce qui nous a décidé à faire ce quatrième codicille.

1° Nous léguons au fils ou petit-fils du baron Du Teil, lieutenant-général d'artillerie, ancien seigneur de Saint-André, qui a commandé l'école d'Auxonne avant la Révolution, la somme de 100,000 francs, comme souvenir de reconnaissance pour les soins que ce brave général a pris de nous, lorsque nous étions lieutenant et capitaine sous ses ordres. [...] ».



Jean-Pierre, baron du Teil - Huile sur toile, Alfred de Jaubert, 1851
© RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot






Sources:
- Choix de testaments anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie - Gabriel Peignot, 1829
- Napoléon inconnu, papiers inédits (1786-1793) - Frédéric Masson & Guido Biagi, 1895
- Bibliographie historique du Dauphiné pendant la Révolution française, de 1787 au 11 nivôse an XIV / Tome 3 - Edmond Maignien, 1891
- Napoléon Bonaparte et les généraux du Teil (1788-1794), l'école d'artillerie d'Auxonne et le siège de Toulon - Joseph du Teil, 1897
- Généalogie historique de la maison du Teil et de son tronc primordial Adhémar de Monteil - Oscar du Teil, 1879

Le mensonge de mes origines

18 oct. 2016


Mon nom de famille est une véritable imposture !

Et l'imposteur, je vous l'ai déjà présenté. Il s'agit de Michel Mange (1680-1760) mon plus lointain ancêtre en lignée patrilinéaire, soit de père en fils, qui vivait à La Côte-Saint-André. Michel, grâce à ses trois épouses, ses cinq fils et ses dix petits-fils, est à l'origine des nombreuses branches qui composent la famille Mange. Depuis plusieurs mois je tente de recenser tous les porteurs du patronyme. C'est ce que l'on appelle dans le jargon la généalogie descendante. A ce jour j'ai recensé 275 porteurs du nom, tous descendants de Michel, essentiellement en Rhône-Alpes et dans l'est de la France.

Répartition géographique des descendants de Michel Mange (de 1713 à aujourd'hui).
source: cartographie du logiciel Heredis

Quant aux origines de Michel, elles m'étaient inconnues il y a encore peu de temps. La seule mention de ses parents se trouvait dans l'acte de son premier mariage en 1713. Il était ainsi qualifié: "Michel Menjoz Mezari fils légitime de feu Menjoz Mezari et feue Feliberte Chatagnier". Lors de la découverte de l'acte, j'étais resté sur ma faim ! Quel pouvait être le prénom de son père ? Et que venait faire "Mezari" là dedans ? S'agissait-il d'un surnom ou d'un nom composé ?

Dans les années qui suivent le mariage, Michel est appelé de différentes façons: "Michel Menjoz Meerie" en 1721 puis "Michel Menge" en 1732 et enfin "Michel Mangeoz" en 1760. Les généalogistes savent qu'il ne faut pas se borner à une orthographe fixe pour un nom de famille. Tout dépend de la prononciation régionale (patois) ou du bon vouloir du curé qui rédige l'acte. Mais les registres paroissiaux de La Côte-Saint-André ne mentionnaient aucun Menjoz, Mange ou Menge avant 1713. Il fallait chercher ailleurs...

Puis la semaine dernière, alors que je lisais les registres de Saint-Siméon de Bressieux pour une toute autre recherche, j'ai enfin trouvé les actes de sépulture des parents de Michel Mange en 1712 et 1711:

« Le vingt neuvieme avril mil sept cens douze est decedee Berthe Chatagnier veuve de Menioz Meyari » 


« Le vingtsixieme aoust mil sept cen onze est decede Menioz Meyari »

La Côte Saint-André et Saint-Siméon sont séparés par la plaine de la Bièvre (carte de Cassini)

Mais c'est le testament de Berthe alias Filiberte, que j'ai retrouvé aux Archives de l'Isère, qui allait finalement me donner toutes les réponses. Et j'ai été plus que servi !

Le 27 avril 1712 devant maître Faure, Berthe Chatagnier qui est alors veuve de Manjoz Méary, fait rédiger ses dernières volontés. Elle lègue à son fils Michel Manjoz Méary et à sa fille Dimanche Méary, 5 sols chacun et les déjette de tout ses autres biens. Elle nomme finalement héritier son autre fils Jean Méary.

Il fallait que je me rende à l'évidence: "Méary" que je prenais pour un simple surnom était bien un patronyme ! Et "Manjoz" était en fait le prénom que portaient en commun Michel et son père ! Mais alors ... cela signifiait aussi que l'origine de mon nom de famille n'était qu'une erreur, une usurpation. Les Méary et les Mange ne sont qu'une seule et même famille. J'aurai tout aussi bien pu m'appeler Mickaël Méary !

Alors... à qui la faute ? Est-ce simplement le prénom qui devint avec le temps un nom de famille ? Est-ce à cause du curé de l'époque, qui aurait abusé du vin de messe ...?



illustrations: (1) aufeminin.com (2) carte de Cassini, cassini.ehess.fr (3) Heredis, arbre de descendance de Guichard Mézary / sources: AD Isère, 9Num/Ac457/1 - 3E15351 et 3E15525

Le voyage du scieur de long

15 oct. 2016

Brienne-le-Château, 1788.


Le clappement des sabots sur les pavés irréguliers venait de cesser. Les chevaux commençaient à s'agiter, épuisés par la longue route qu'ils avaient menés. Le voyage avait été particulièrement pénible depuis son petit village d'Estivareilles, au diocèse du Puy. Pierre sortit la tête du carrosse: tout était comme ce que lui avait décrit son oncle. Il mit un pied à terre: il venait d'arriver à Brienne-le-Château.

Ce qu'il constata d'abord était la différence de paysage. Pierre était habitué aux collines et aux vallons déboisés des alentours d'Estivareilles. Mais Brienne était un pays relativement plat. Il aperçut le château qui surplombait du haut de sa petite motte le bourg de la ville. Puis en se retournant, il aperçut également les forêts qui l'entouraient: les cimes des arbres s'étalaient derrière lui à perte de vue. Le voici, le bois si précieux dont son oncle avait tant vanté les mérites ! C'était en effet sur l'invitation de son oncle maternel Antoine, que Pierre avait entreprit un si long voyage. Il avait laissé dans cette traversée toutes ses maigres économies, gagnées de ses petits labeurs comme manouvrier et de ses gages de domestique auprès des bourgeois d'Estivareilles.

Tout comme Antoine, Pierre était le sixième enfant de sa fratrie et comme bien souvent pour les cadets, il avait du quitter son village pour trouver du travail. Cela il l'avait compris il y a bien des années, constatant que ses parents peinaient souvent à nourrir la nombreuse famille, lorsque les hivers étaient trop rigoureux. Pierre avait emporté très peu d'affaires, mais c'était là tout ce qu'il possédait. Quelques linges et une croix en argent offerte par ses parents lors de sa communion. Tout ceci tenait dans son petit baluchon. Mais Pierre avait aussi transporté ce qui avait le plus de valeur à ses yeux: ses outils ! Jamais il ne serait parti sans sa scie, sa hache et sa lime.

L'oncle et le neveu étaient scieurs de long, un métier qui se perpétuait de génération en génération dans la famille. Antoine avait depuis déjà longtemps quitté leur village pour s'installer à Brienne, où il s'était depuis marié et avait désormais sa propre famille. A Brienne le travail ne manquerait pas avec toutes les forêts alentours. Pierre allait pouvoir bénéficier du réseau de son oncle, pour lui laisser le temps de faire ses preuves. C'était la promesse d'un avenir et d'une vie meilleure. L'assurance de trouver une épouse et de fonder sa propre famille.

Pierre, songeant au futur qui l'attendait, ne pouvait s'empêcher de sourire. Il remercia le cocher et s'en alla rejoindre son oncle.


Illustrations: (1) Landscape with castle - Kobell, 1804 (2) Carte de Cassini, alentours de Brienne-le-Château, source: cassini.ehess.fr (3) Scieurs de long, source: blogdelaforet.centerblog.net

FamilySearch: j'ai retrouvé ma famille !

23 sept. 2016


Les recherches généalogiques sont ponctuées par des découvertes marquantes...

L'une des premières, pour ma part, fut de constater que mon aïeule Amanda Kündig était née de père inconnu, à Bauma (canton de Zürich, Suisse) le 29 mai 1902. Ses propres enfants l'ignoraient. Tous l'a décrivent comme une femme discrète, n'aimant pas discuter de ses origines ou de sa famille. En découvrant son acte de naissance, je peux comprendre ce trait de caractère. Cette volonté de cacher une naissance illégitime.

Luigi & Amanda avec leurs deux premiers petits-fils



Sur son acte de naissance, Amanda est déclarée comme fille de Maria-Luisa Kündig. Aucune mention n'est faite de son père.

Je sais en revanche que Maria-Luisa se maria le 28 janvier 1905 à Alexander Von Aesch, de Grossaffoltern (canton de Berne). Et bien que Maria-Luisa soit sa mère, Alexander n'est pas le père d'Amanda.

Selon la législation du pays je ne suis donc pas autorisé à obtenir des documents concernant ce couple. Plutôt frustrant !

Maria-Luisa Kündig

Dans les affaires qui appartenaient à Amanda, je retrouve peu de choses. Seulement quelques photos, avec leurs notes au dos, en allemand. Je sais qu'Amanda avait une sœur, qui avait elle-même deux enfants...
" les enfants "

Cet été j'ai décidé de me connecter sur le site FamilySearch. Le site propose un arbre collaboratif. Tout le monde peut participer, entrer des noms et étoffer les données inscrites par d'autres participants.


J'entre mes informations dans la rubrique Arbre Familial, essentiellement pour les branches qui prennent racines en Italie et en Suisse. J'ajoute la mère d'Amanda Kündig et là, le site m'informe qu'une correspondance a été trouvée :


Maria-Luisa Kündig, née en 1881 et décédée en 1943. Peu de chances pour ce que ce soit simplement une homonyme de mon aïeule ! Je me rend alors sur la fiche individuelle pour en être sûr :


C'est bien "ma" Maria-Luisa Kündig, qui figure avec son époux Alexander Von Aesch et leurs trois enfants, dont j'ignorai en partie l'existence: Hedwig, Max et Julia.

Ce prénom Max ne m'est pas inconnu ! C'est le prénom de mon grand-oncle, un fils d'Amanda: elle l'aurait ainsi nommé en hommage à son propre frère. Quant à leur sœur Hedwig, d'après la fiche de FamilySearch, elle était l'épouse d'un certain Paul. Il pourrait s'agir de ce "Paul", mentionné sur les photos de mon arrière grand-mère...

" la nouvelle maison de Paul "

Cet arbre collaboratif possède une fonctionnalité intéressante: pour chaque information entrée dans la base, il est possible de contacter le généalogiste qui en est à l'origine. J'envoi un mail le jour même !


La surprise fut grande: il s'agissait bien d'un descendant de Maria-Luisa. Sa mère était Hedwig, une sœur d'Amanda. La même Hedwig qui envoyait des photos à mon arrière grand-mère. J'apprend que la famille vit désormais en Allemagne, près de Fribourg.

Je ne sais toujours pas qui était le père d'Amanda... Mais elle avait gardé des liens étroits avec sa sœur Hedwig. Des liens qui aujourd'hui se retissent entre leurs descendants, près de 55 ans plus tard.

Amanda

Paladru et la révolte de Saint-Pierre

29 juil. 2016


L'année 2016 marque un nouveau tournant dans l'histoire de Paladru. Le conseil municipal a voté la fusion de la commune avec sa voisine, Le Pin, sous le nouveau nom des Villages du Lac de Paladru.

Mais en 1907 mon aïeul François Carus rêvait de tout autre chose. Accompagné de ses voisins, lassés de voir leur hameau de Saint-Pierre sur la commune de Paladru être négligé par le conseil municipal, il rédigea une lettre au Préfet. Il demandait que la section de Saint-Pierre soit érigée en commune distincte.


St Pierre de Paladru le 29 janvier 1907
Monsieur le Préfet,

Les conseillers municipaux de la section de Saint-Pierre (commune de Paladru) soussignés ont l'honneur de vous rendre compte qu'ils ont à se plaindre d'une inégalité constante dans la répartition des ressources communales et des avantages quotidiens entre les sections de Paladru et de Saint-Pierre et qu'en outre plusieurs irrégularités ont été commises dans les actes municipaux.

Étant donné le nombre actuel de conseillers de Saint-Pierre comparativement à ceux de Paladru (5 contre 7) il est absolument impossible à la section de Saint-Pierre de défendre ses intérêts. Comme exemple de l'inégalité de la répartition des ressources et des avantages quotidiens nous citerons les faits suivants:

1/ Chemins vicinaux. En 1904: ouverture d'un chemin neuf à Paladru à la condition que diverses réparations de voirie seraient faites à Saint-Pierre. Aucun travail ne fut exécuté.

2/ En 1906 une somme de 250 Fr. fut dépensée à Paladru pour réparation de chemin et seulement 150 Fr. à Saint-Pierre.

3/ Pour la reconstruction de l'église de Saint-Pierre la commune ne donne aucune subvention tandis que pour la réparation du presbytère de Paladru le budget communal fut fortement grévé.

4/ Un facteur receveur fut installé à Paladru malgré l'avis défavorable de la majorité du conseil municipal réuni. Mais ensuite la minorité fut transformée en majorité par la signature d'un conseiller municipal de Paladru qui n'assistait pas à la séance ce qui constitue une grosse irrégularité. D'ailleurs cette nouvelle organisation postale tout en ne rapportant pas de gros avantages à Paladru est des plus défavorables pour Saint-Pierre: il est maintenant impossible de répondre le même jour à une lettre urgente sans envoyer un exprès à Montferrat. D'ailleurs la situation géographique des localités montre nettement que si les intérêts de la section de Saint-Pierre n'avaient pas été considérés comme absolument négligeables l'organisation actuelle n'aurait pas été adoptée.

5/ Une pompe communale entretenue aux frais de la commune est logée en permanence toute l'année à Paladru et il est peu probable qu'elle puisse rendre service à St Pierre en cas de sinistre.

6/ Même avantage non partagé pour le téléphone dans la ligne passe cependant par le village de Saint-Pierre et les appels téléphoniques ne peuvent profiter aux habitants de Saint-Pierre.

7/ En 1906 il fut décidé au conseil que des réparations seraient faites aux deux maisons d'école ; ces réparations étaient en effet très urgentes. La maison d'école de Paladru fut seule réparée, aucun ordre ne fut donné pour l'exécution de travaux à celle de Saint-Pierre qui est restée en l'état.

En présence de ces inégalités constantes, de ces irrégularités contre lesquelles les conseillers municipaux de Saint-Pierre ne peuvent rien étant une minorité absolument négligée. Considérant que le nombre des habitants des deux sections est presque égal, que les contributions de la section de Saint-Pierre atteignent paraît-il un chiffre plus élevé que celles de la section Paladru et profitent pourtant davantage à la section de Paladru. Qu'en outre à Saint-Pierre existent tous les locaux municipaux nécessaires. Nous estimons que le seul moyen de sortir de la situation absolument inique où nous nous trouvons et de demander aux pouvoirs publics d'ériger en commune indépendante la section de Saint-Pierre.

Signalons encore que le village de Chalamont (section de Saint-Pierre) se trouve à 5 kilomètres du centre actuel et que tous les hameaux de la dite section à l'exception du village de Saint-Pierre et de quelques maisons ou regroupements insignifiant comme population en sont à plus de 3 kilomètres.

Les conseillers municipaux soussignés de la section de Saint-Pierre qui vous prient, Monsieur le Préfet, d'agréer l'assurance de leur respectueux dévouement.

Les électeurs soussignés adhèrent à la proposition du conseil municipal de la section de Saint-Pierre et demandent l'érection de cette dernière en commune.


François Carus (1857-1948) devant la maison familiale à Saint-Pierre
(collection personnelle)


Les démarches qu'entreprit François n'aboutirent jamais. La rivalité entre le bourg de Paladru et Saint-Pierre continua encore quelques décennies. Qu'aurait pensé François de cette fusion, un siècle plus tard ?

Annibal et les derniers Musy du Châtelard

26 juil. 2016


Annibal de Musy était seigneur du Châtelard, une maison forte située sur les hauteurs du village de Cessieu, près de La Tour-du-Pin en Dauphiné. Il succédait ainsi à son père Pierre décédé en 1636 et à son grand-père Léonard décédé en 1620. La seigneurie était entrée dans la famille Musy avec Léonard, qui l'avait acquise en 1613.


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