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28 juillet 2015

Découverte d'archives: (2) mariage secret et querelles de famille


Anne Humbert était la sœur de mon aïeule Françoise, toutes deux filles de Jean Humbert, riche laboureur du village des Abrets.

Le 19 novembre 1686 Anne épousa Modeste (I) Novel. L'épouse apportait en dot les nombreux biens hérités de son père qui comprenaient des terres ainsi qu'une maison et une tuilerie, situées à La Bruyère, hameau des Abrets. L'époux était également un bon parti puisqu'il possédait le château des Abrets et exerçait les charges de conseiller du roi et maire des communautés de Leyssins (un hameau de Chimilin) et des Abrets.


Château du Colombier, Les Abrets, début XXe siècle

Modeste (I) Novel décède le 9 novembre 1706 en laissant à son épouse quatre enfants: Modeste (II), Marguerite, Louis et Marianne. Mais après quatre ans de veuvage, Anne Humbert prit la poudre d'escampette pour rejoindre Jean Molest, un humble tailleur d'habits d'obscure naissance, qu'elle épousa secrètement et avec lequel elle s'établit à Pont-de-Beauvoisin, la ville voisine. Les enfants furent alors placés sous la tutelle de leur cousin germain Modeste Roche.


Arbre généalogique des familles Novel, Roche et Humbert

arbre créé avec yED, mes ancêtres directs figurent dans les cases bleues

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Depuis son remariage en 1711, l'entente n'était plus au beau fixe entre Anne Humbert et son ancienne belle-famille. Modeste Roche lui réclamait les comptes de gestion des biens de ses enfants, qu'elle avait administrés quelques temps entre le décès de son premier époux et sa fuite. Anne Humbert, de son côté, demandait au sieur Roche des comptes concernant les biens qu'elle avait apporté en dot lors de son mariage avec Modeste Novel (I).

L'apothéose de cette mésentente est un écrit du 23 février 1713 dans lequel Anne Humbert se plaint des insultes faites par sa belle-famille à propos de son remariage. Elle demande alors un procès en réparation d'injures. Modeste Roche, encore tuteur de ses enfants pubères Louis et Marianne, lui répondit:

« On a point eu dessein de l'injurier en disant que son second mariage était vilain, indigne et clandestin, vu que ces termes ne peuvent être réputés injurieux. Car vilain dans le sens naturel se dit de tout ce qui n'est pas agréable, de tout ce qui déplaît et dans le sens figuré, un vilain mariage c'est à dire un mariage honteux à la famille.
Le terme d'indigne n'est pas non plus injurieux car on peut dire sans vanité et sans choquer la modestie que feu monsieur Novel, maire et châtelain de sa communauté, appartenait à des personnes distinguées encore plus par leur mérite que par leurs charges. Il ne méritait pas d'avoir comme successeur auprès de sa femme un tailleur d'habits, fils naturel d'un étranger, dont on ignore la naissance. Voilà la signification naturelle d'indigne: c'est ce qui est peu honorable pour la mémoire du premier mari et pour sa famille.
La demoiselle Humbert se pique aussi mal à propos du terme de clandestin, puisqu'il n'y en a point d'autre pour signifier un mariage fait secrètement à l’insu des parents, sans publications dans la paroisse et hors de la présence du pasteur. Ce mariage n'a fait honneur ni aux uns, ni aux autres. Tout cela est vrai et ce peut dire sans que l'on puisse faire un procès à ce sujet.

Ainsi la demoiselle Humbert devrait se taire et il y a de l'entêtement de revenir si souvent à la charge en prétendue réparation d'injure. On a eu aucune intention de l’offense et le sieur Roche ne pouvait pas sans trahir ses parents applaudir à ce second mariage, puisque même les deux enfants pubères de la demoiselle l'avait fortement condamnée, par des termes aussi vifs, dans leur requête du 2 octobre 1711.
Si le sieur Roche avait autant de vivacité et de fausse délicatesse que la demoiselle Humbert, il pourrait avec plus de fondement demander réparation de ce qu'elle l'a traité de malheureux, d'homme sans feu ni lieu et de fripon. Ce qu'il proteste de prouver au cas que la demoiselle Humbert insiste à ses prétendues réparations d'injures. »
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Les tensions finiront par se dissiper - du moins avec ses enfants - puisque Anne Humbert leur fera à chacun des legs lors de son testament, le 29 mars 1733: elle nomme alors comme héritier universel son fils Louis et lègue 2000 livres à son autre fils Modeste (II). Elle lègue à sa fille Marguerite 1650 livres, du linge et la jouissance d'une chambre dans la maison familiale des Abrets, maison qu'Anne avait hérité de son père. Son second époux Jean Molest reçoit également la jouissance d'une chambre dans cette maison et il est précisé que s'il ne peut pas vivre en commun avec les autres héritiers, Anne lui lègue une pension viagère.

Testament d'Anne Humbert (Me Bergier, 1733)

La deuxième fille d'Anne ne figure pas dans son testament: elle est décédée de la vérole en 1720. En revanche Anne Humbert eut un fils de son second mariage: Charles Molest, né en 1712 à Pont-de-Beauvoisin.

Charles, bien qu'issu d'un mariage vilain, indigne et clandestin, semble s'être bien entendu avec sa sœur Marguerite, à tel point que celle-ci le désigna comme héritier, lors de la rédaction de son testament en 1743. Charles Molest deviendra curé de Thuellin puis de Granieu et décédera le 19 février 1752. Son frère Modeste (II) Novel, l'aîné des enfants d'Anne Humbert, décédera peu de temps après, le 12 avril 1752.


Source: AD de l'Isère, fond Angleys (268J)

16 juillet 2015

Découverte d'archives: (1) le fond Angleys


Je vous propose de suivre durant plusieurs semaines une série d'articles consacrés à des fonds d'archives souvent méconnus mais qui pourtant contiennent de nombreux trésors pour nos recherches généalogiques...

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Depuis plusieurs années je cherchais l'ascendance du couple Pierre Cuaz et Françoise Humbert, mes ancêtres à la 9e génération (et si j'en crois les arbres publiés sur Geneanet, personne n'a encore résolu cette énigme).


Ils vivaient à Recoin, un hameau de La Bâtie-Divisin (Isère). Mais les registres paroissiaux de l'époque, autant à La Bâtie-Divisin que dans les paroisses voisines, ne m'ont apportés aucune réponse.



Carte de Cassini, environs de La Bâtie-Divisin

Puis j'ai découvert le fond Angleys aux Archives départementales de l'Isère. Côté 268J, dans la série des archives familiales privées, ses documents furent conservés au château des Abrets par les différents propriétaires: les familles Maréchal, Novel puis Angleys. Par chance, la sœur de mon aïeule, nommée Anne Humbert, fut l'épouse du châtelain des Abrets et d'autre part la famille Novel est alliée à diverses branches de mon arbre. Ce fond est donc une mine d'or pour la continuation de ma généalogie. Voici un schéma pour vous présenter les liens qui unissent les familles concernées:


mes ancêtres directs figurent dans les cases bleues
arbre créé avec yEd


Les documents qui composent ce fond m'ont permis de retrouver les ancêtres de Françoise Humbert (sosa n°917) et de débloquer d'autres recherches sur les familles Cuaz, Novel et Varin notamment. Les membres de ces familles vivaient dans les paroisses des Abrets, Chimilin ou aux proches alentours. Ces familles, que je retrouve dans ma généalogie par différentes branches, furent liées un jour ou l'autre... d'où l'intérêt du fond Angleys:
  • Anne Humbert, la sœur de Françoise, épousa Modeste Novel, conseiller du roi, châtelain et maire de la communauté des Abrets
  • Modeste Novel était, lui, le frère de Pernette Novel (mon sosa n°7101). Pernette épousa Louis Roche et leurs descendants furent marchands et notaires à Chimilin
  • Pierre Cuaz et son épouse Françoise Humbert furent en litige avec leur voisin à La Bâtie-Divisin: la famille Foche, qui figure également dans mon ascendance.

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Tout commence par une quittance




Le 23 octobre 1695 François Revol, maître apothicaire de Pont-de-Beauvoisin et fils héritier de Joseph Revol (lui même héritier de Michel Revol, prêtre), acquitte Pierre (II) Cuaz des 625 livres qu'il lui devait, à savoir:
  1. 300 livres que feu Pierre Cuaz (I) et feu Jean Cuaz, père et aïeul de Pierre (II) devaient à Michel Revol, par obligations datées du 16 octobre 1657 et du 31 janvier 1663
  2. 269 livres d'intérêts et de dépenses en procès intentés par les Revol
  3. 56 livres de frais de sentences de non-paiement prononcées par le juge du comte de Clermont les 1er juillet 1676 et 14 janvier 1677.
Les dites 625 livres ont été payées en grande partie à François Revol par Modeste Novel, conseiller du roi et maire de la communauté des Abrets, à savoir:
  1. 326 livres pour le reste de la dot de Françoise Humbert, épouse de Pierre Cuaz et belle-sœur de Modeste Novel
  2. 298 livres de la part de Modeste Novel, «de laquelle somme le dit Novel en fait gratification et donation à la dite Françoise Humbert, sa belle-sœur»
  3. 27 livres à la propre charge de Pierre Cuaz.
(fond Angleys, 268J82)

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Avec la lecture d'un seul acte, ce sont plusieurs liens de parenté qui s'ajoutent désormais à mon arbre: Pierre Cuaz (II) était le fils d'autre Pierre Cuaz (I) et le petit-fils de Jean Cuaz ; quant à son épouse Françoise Humbert, elle était la sœur de la châtelaine des Abrets, Anne Humbert épouse elle-même de Modeste Novel. Et la lecture du fond Angleys, qui représente au total 6,3 mètres linéaires de documents, me réservait encore d'autre belles découvertes.


Source: AD de l'Isère, fond Angleys (268J)

8 juillet 2015

Postérité d'un dauphinois à Saint-Domingue




Ennemond Perraud, cousin germain de mon aïeul Jean-Baptiste Cordier (sosa n°878), était partit pour l'île de Saint-Domingue au début du XVIIIe siècle, où il devint économe (gestionnaire) de l'habitation de Claude Bidonne.

Il est décédé dans la colonie le 18 avril 1741, dans la paroisse des Verrettes, près de Saint-Marc.



Dix jours avant son trépas, Ennemond avait pris soin de faire rédiger son testament dans lequel il faisait des legs à ses enfants naturels, nés de sa relation avec une femme nommée Bibiane, "négresse" esclave de monsieur Bidonne.

Leurs enfants sont au nombre de cinq: Marie, Pierre, Justine, Marthe et Jean-François.

Des mulâtres? Les enfants Perraud sont qualifiés, d'après les désignations utilisées à l'époque dans les colonies, de mulâtres: des sangs-mêlés, issus d'une union entre un(e) blanc(he) et un(e) noir(e).

Tous auront une descendance, mais Ennemond n'aura jamais connu aucun de ses petits-enfants.

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Enfants naturels nés d'Ennemond Perraud, né vers 1706 à La Côte-Saint-André (France, Isère) et décédé en 1741 aux Verrettes (Saint-Domingue) et de Bibiane, négresse créole esclave de monsieur Bidonne:


Mariage de Joseph Lebrun et Marie Perraud, 1746, Les Verrettes


Marie, née vers 1731, mulâtresse libre
Épouse le 16 mai 1746 aux Verrettes de Joseph Lebrun, mulâtre libre, fils d'Antoine et de Nanette, négresse créole libre. Ils eurent -au moins- dix enfants, dont: Marie-Jeanne, baptisée aux Verrettes le 5 décembre 1751, épouse en premières noces le 27 octobre 1770 à Saint-Marc de Jean-François Maranda, mulâtre libre, né à Fort-de-France (Martinique) vers 1749 et décédé à Saint-Marc le 30 mars 1771. De leur union est issue Marie-Madeleine Eugénie, née posthume le 7 août 1771. Marie-Jeanne épouse en secondes noces le 30 janvier 1773 à Saint-Marc, Charles Savary, mulâtre libre ; Pierre, baptisé aux Verrettes le 9 novembre 1749 et époux le 8 septembre 1772 à Saint-Marc de Claudine Adélaïde Lombard, mulâtresse libre.

Pierre, né vers 1733, mulâtre libre
De sa relation avec Marie-Rose, négresse libre, il eut une fille naturelle prénommée Marguerite, née le 20 février et baptisée le 13 avril 1766 aux Verrettes.

Justine, née vers 1735, appelée également Augustine, mulâtresse libre
Épouse le 24 août 1754 aux Verrettes de Louis Bussié, mulâtre libre, fils naturel de Jean et de Marguerite, négresse esclave de madame Dubois. Ils eurent -au moins- huit enfants entre 1756 et 1774.



Marthe, née vers 1737 et baptisée le 8 mars 1739 aux Verrettes, mulâtresse libre
Épouse le 24 août 1754 aux Verrettes de Louis-Charles Chambion, mulâtre libre, fils naturel de Jean et de Marie-Françoise, négresse libre. De leur union sont nés -au moins- deux fils: Noël en 1766 et Ambroise en 1768.

baptême de Marthe Perraud, 1739, Les Verrettes


Jean-François, né vers 1740, mulâtre libre
De sa relation avec Rosalie, négresse libre, il eut deux filles naturelles: Marie-Françoise baptisée à Saint-Marc le 21 janvier 1765 et Agnès.

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Des mulâtres libres?  Dans le testament d'Ennemond sont cités les actes de donation de liberté à ses enfants Marie, Pierre, Justine, Marthe et Jean-François, en date du 25 août 1739 et du 3 janvier 1741. Leur mère Bibiane, d'après mes recherches, ne fut jamais libre et est restée esclave. Mais leurs enfants furent affranchis. Cette liberté leur a été accordée par la volonté de Claude Bidonne et de son épouse Marie Saunier, qui étaient les employeurs d'Ennemond et les propriétaires de l'esclave Bibiane.


Sources: ANOM, registres numérisés de Saint-Domingue, Archives historiques de l'évêché de Grenoble-Vienne et Archives Départementales de l'Isère. Illustrations: Digital Media Lab, University of Virginia

3 juillet 2015

Challenge AZ: généalogie et sérendipité

Contrairement à l'année dernière, lors du challenge de 2014, je n'avais préparé aucun brouillon d'article pour cette participation. Je savais quel sujet j'allais aborder puisque mon thème était choisi depuis quelques temps: les aventuriers et les voyageurs de mon arbre généalogique.

J'avais listé les personnes concernées dans ma généalogie: les voyageurs de mon arbre sont plutôt des collatéraux (oncles, oncles par alliance, cousins). Mais pour la plupart de ces sujets je n'avais fait que des recherches sommaires et je me suis vite confronté à un problème de taille: le temps !

Souvenez-vous... Lors de mes résolutions en début d'année, je n'avais prévu aucun projet particulier, ni planifiée aucune recherche généalogique. Je vous avais fait part de ma volonté de succomber à la sérendipité et me laisser aller à des recherches qui parfois s'éloignent de mon but initial. Je n'ai jamais aussi bien tenue une résolution.



Ainsi lorsque j'ai voulu approfondir mes recherches sur Saint-Domingue, je me suis égaré à lire des récits de marins lors des campagnes de traite négrière au XVIIIe siècle (base Archim des Archives Nationales). Je me suis mis à lister les (très nombreux) descendants métissés d'Ennemond Perraud et de Bibiane, qui finalement sont aussi mes cousins. J'ai découvert des pages sur l'histoire du marronnage ainsi que plus généralement sur la condition des esclaves. Idem pour le Canada. Je me suis surpris à lire des destins de marins et de soldats (migrations.fr) et j'ai répertorié des dauphinois et d'éventuels collatéraux partis pour le Nouveau Monde (Fichier Origine).



Finalement je reportai chaque jour la rédaction de mes articles. Peut-être que je manque d'organisation: je n'ai rédigé que 12 articles sur les 26 possibles du challenge AZ. Mais j'ai trouvé de nouveaux sujets et découvert de nouvelles sources d'informations pour de futurs articles, qui seront la continuation (tardive) de ce challenge.

J'adresse un grand merci aux lecteurs, qui durant ce mois de juin ont franchi le cap des 4000 pages lues sur le Blog. Les deux articles les plus lus étant M comme Marine et S comme Saint-Domingue.



Image  © Pixabay

25 juin 2015

V comme Vache




François Revol est maître apothicaire et habite au Pont-de-Beauvoisin. Il possède des biens à La Bâtie-Divisin, une paroisse toute proche séparée par le village de Pressins.


François a justement appris que plusieurs paroissiens de La Bâtie-Divisin, profitant de son éloignement, menaient paître quotidiennement leur bétail sur les terres qui lui appartiennent. En ce 24 avril 1694 après midi, à l'heure idéale pour faire paître les bestiaux, notre homme se rend sur sa terre appelée Pré Capitan, d'une contenance de quatre sestérées, à La Bâtie-Divisin.



Il surprend sur son pré Madeleine Guttin, faisant paître la vache et la génisse âgée d'un an qui appartiennent à son neveu René Guttin.

François saisit alors les bestiaux des mains de Madeleine et les conduisit aux prisons du village de Pressins. Voulant être en règle avec les arrêts de la province, il fait la déclaration de sa saisie au juge du comté de Clermont. François réclama également au juge le droit de vendre la vache et la génisse au marché le plus proche, avant de devoir supporter des frais de geôle trop importants.

Le 1er mai 1694 François obtiendra du juge du comté de Clermont la permission de vendre la vache et la génisse qu'il avait saisi sur ses terres.

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Source: Fond Angleys, Archives départementales de l'Isère (268J), illustration: france-pittoresque.com

23 juin 2015

T comme Testament


Testament d'Ennemond Perraud rédigé en 1741 à l'île de Saint-Domingue.


Par devant moi, maître Bonniel, notaire au siège royal de Saint-Marc, en l'île de Saint-Domingue et résidant au quartier de l'Artibonite, le huitième avril 1741 avant midi, est comparut sieur Ennemond Perraud, économe de l'habitation de sieur Claude Bidonne, habitant au dit quartier de l'Artibonite, dans la paroisse Notre-Dame des Verrettes et fils de feu sieur Joseph Perraud et demoiselle Anne Bérard, natif de La Côte-Saint-André, en Dauphiné, diocèse de Vienne et âgé d'environ 35 ans. Le dit Ennemond étant au lit, malade, dans un des cabinets du côté ouest de la maison principale de sieur Bidonne, mais toutefois sein d'esprit, mémoire, jugement et entendement, lequel a dicté son testament afin de disposer du peu de biens qu'il a plu à Dieu de lui donner.

Premièrement il recommande son âme à Dieu, le Père Tout Puissant, le suppliant par sa divine bonté de lui faire miséricorde et de la placer au rang des bienheureux. Il demande à son exécuteur testamentaire plus bas nommé de régler ses dettes et réparer ses torts, s'il y en a à réparer.

Il donne et lègue les esclaves listés ci dessous, à ses cinq enfants naturels nommés Marie, Pierre, Justine, Marthe et Jean-François, enfants mulâtres issus de lui et de la nommée Bibiane, négresse esclave au dit sieur Bidonne, tous enfants libres par la volonté du dit Bidonne et de Marie Saunier, son épouse, à savoir:

  • La Fortune, de nation Cotocoli
  • Mataquin et Navoine, de nation Liamba
  • Lisette, de nation Cauga et ses deux enfants, négrillon et négritte
  • Marie-Anne, nation Cauga

Tous les nègres listés ci dessus, au nombre de cinq grands et deux petits, sont étampés 'Perraud' sur le sein droit à l'exception du nommé La Fortune, qui est étampé 'Bidonne' sur le sein gauche, car le sieur Perraud avait utilisé la dite marque lorsqu'il n'avait pas encore d'étampe propre. Si l'un de ses enfants mulâtres venait à mourir, les sept têtes de nègres seront réversibles en part égale à ceux qui resteront.

Il lègue à son frère Jean-Baptiste, résidant à La Côte-Saint-André, les biens meubles et immeubles issus de la succession de leur défunt père Joseph Perraud, pour la bonne amitié que son frère lui a toujours porté. Le surplus de tout ses biens, il le lègue à Marie Saunier, épouse de sieur Bidonne, pour lui donner des marques de son respectueux attachement.

Il nomme et institue pour exécuter son testament le sieur Jacques Payer, capitaine de milices et habitant également au quartier de l'Artibonite, en le priant très instamment d'accepter cette commission. Le tout fait en présence de Jacques-Philippe Lafond, chirurgien et de François-Laurent de Mépieu, actuellement économe de l'habitation de Claude Bidonne, tous résidants au dit lieu de l'Artibonite.



Source: Archives historiques de l'évêché de Grenoble-Vienne
Illustrations: collections John C.B.

À propos de l'auteur

Entretien avec Mickaël Mange
(Blog MyHeritage, juillet 2014)

Portrait de généablogueur
(La Gazette des Ancêtres, novembre 2014)

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