Articles récents

V comme Vénération

25 juin 2016





Q uel est ce drôle de loisir, la généalogie

R echercher nos pères pour rebâtir leurs vies

S ans jamais juger, en gardant l'esprit ouvert

T ant de vies, des archives nous mettrons en lumière.


U ne fois encore contez nous nos aïeux,

V ies oubliées, renaissez sous nos yeux.

 

P comme Précieux

18 juin 2016



« Quel contentement me seroit ce d’ouïr ainsi quelqu’un qui me récitât les meurs, le visage, la contenance, les paroles communes et les fortunes de mes ancêtres.

Combien j’y serois attentif. Vraiment cela partiroit d’une mauvaise nature, d’avoir à mespris les portraits mesmes de nos amis et predecesseurs, la forme de leurs vêtements et de leurs armes. J’en conserve l’escriture, le seing, des heures et un espée peculiere qui leur a servi.

Si toutes fois ma postérité est d’autre appétit, j’auray bien dequoy me revancher car ils ne sauroient faire moins de conte de moy que j’en feray d’eux en ce temps là. »

Michel de Montaigne - Essais, Livre II




O comme Ode

17 juin 2016


Alexandrine Françoise Buisson était la fille d'Antoine, bourgeois du village Colombe et sa mère était Anne-Marie Madeleine Cordier-Lacombe était issue d'une bonne famille de La Côte-Saint-André.


Elle fut baptisée le 8 septembre 1788 et tenue sur les fonds baptismaux par ses oncle et tante. Alexandrine ne connaîtra que peu son père, qui décède deux années plus tard. C'est à l'âge de dix-huit ans, le 20 janvier 1807, qu'elle épouse Jean-Baptiste Bardin, propriétaire - cultivateur au hameau de Louisias et qui deviendra maire de Charavines en mai 1816.


Lors des noces en mairie de Colombe, l'épouse signe au bas de l'acte Allesxandrine Buisson. De 1810 à 1831, elle donnera naissance à dix enfants puis Alexandrine s'éteindra le 7 janvier 1834 à l'âge de 45 ans.

J'aurai pu ne rien savoir de plus sur mon aïeule si Guillaume Bardin n'avait pas écrit dès 1837 la Généalogie de l'ancienne maison Bardin de Louisias. Voici le passage concernant son épouse:

« Alexandrine Buisson, leur chère maman, décéda le 7 janvier 1834, perte irréparable pour ses enfants, comme pour leur père ; c'était la meilleure des mères, la plus vertueuse et la plus aimable des femmes. En un mot, elle possédait toutes les précieuses qualités qui peuvent rendre une personne aimable. Elle mourut bien trop tôt, âgée de 45 ans. Elle est généralement regrettée de tous ceux qui l'ont connue.
Quoique ce ne soit point à moi à faire l'éloge de vos ancêtres, je crois pouvoir dire pour le bon exemple de ceux qui leur succéderont, qu'ils ont tous été religieux et fidèles observateurs de notre sainte religion, ne s'étant jamais écartés des devoirs d'honnêtes gens. [...] »

C'est peu de choses, mais j'aurai vraiment aimé connaître Alexandrine.



sources: archives communales de Colombe et Charavines ; « Généalogie de l'ancienne maison Bardin de Louisias », par Jean-Baptiste Bardin, 1837 (manuscrit, collection familiale) - illustration: Mary Cassatt, Mère et enfant sur fond vert, Paris, Musée d'Orsay

N comme Neveu

16 juin 2016






Quelques années avant les remous de la Révolution française, aux confins du Dauphiné et à seulement quelques lieues de la frontière savoyarde, vivait Louise Humbert, jeune veuve et mère de famille.

Son mari, Claude Seigle, était décédé le 30 décembre 1782 à l'âge de 61 ans... peut-être avait-il succombé au froid qui régnait en cette fin d'année.

Ils vivaient avec leurs enfants à La Ramelière, un hameau situé entre les villages de Saint-Jean d'Avelanne et Saint-Geoire en Valdaine.


Les vallons de la Valdaine
www.saint-geoire-en-valdaine.com


Après deux ans et demi de veuvage, Louise ne parvient plus à résister aux charmes d'un voisin, Jean Seigle-Ferrand. Tous deux se marient le 21 novembre 1785, en présence de Claude, le père de l'époux et d'autres proches voisins.

mariage de Jean Seigle-Ferrand et Louise Humbert, 1785
www.archives-isere.fr


Mais Louise et Jean ne sont pas seulement voisins: leur mariage nécessita une dispense d'affinité charnelle du premier au second degré, une dispense d'affinité spirituelle et une dispense de deux bans. Jean Seigle-Ferrand est en effet le neveu et le cousin du quatrième au troisième degré du premier époux de Louise.



Quand à la dispense de bans, on peut imaginer que les futurs époux voulaient accélérer le mariage pour deux raisons:

  • La dispense leur permettait de passer outre d'éventuelles oppositions au mariage, de par leurs proximités de parenté. Louise épousait son "neveu"...
  • Louise et Jean n'avaient pas attendu d'avoir la bague au doigt pour se manifester leur amour: une petite Catherine était née de leurs ébats et baptisée le 30 août 1785. Ils la légitimèrent lors de leurs noces.

source: Registres paroissiaux de Saint-Jean d'Avelanne, AD Isère
illustration d'en tête: L'Enfant gâté (1765) de JB. Greuze, Saint-Pétersbourg - musée de l’Ermitage

M comme Magasins

15 juin 2016

Au début du XXe siècle Louis Mange, neveu de mon aïeul Victor, habite Saint-Vallier (Drôme) où il est gérant d'un magasin de nouveautés. Cela m'a donné envie de découvrir quelques éléments historiques sur l'évolution des grands magasins, ancêtres de nos centres commerciaux actuels.

"Le Bon Marché" - Musée Carnavalet, Paris

Le développement des grands magasins reflète les transformations économiques et sociales de l'époque. Ces commerces se développent au début du XIXe siècle dans la capitale et se propagent rapidement dans de nombreuses villes du pays. L'un des pionniers fut Aristide Boucicaut, peut-être l'un des plus célèbres, avec le "Bon Marché".


« La recherche incessante de nouveaux produits susceptibles d'intéresser la clientèle, de "nouveautés", est une caractéristique du grand magasin parisien. L'instauration du prix fixe, marqué sur une étiquette, supprimant un marchandage qui ne correspond plus à l'esprit du temps, figure parmi les principales innovations. Certains produits sont vendus à prix "sacrifiés" pour attirer la clientèle, le manque à gagner étant amplement compensé par les achats d'articles non démarqués. Afin d'accélérer le renouvellement des stocks, la liquidation des vieilles marchandises fait l'objet de réclames dans la presse et sur la voie publique. Mais c'est la réputation de Bon Marché et la très grande diversité des produits proposés qui font le succès du grand magasin. »
source: Bibliothèque Nationale de France

Je n'ai pas trouvé de documents sur le magasin que gérait Louis à Saint-Vallier. Sans doute éditait-il des publicités semblables à celles de la capitale. Sans doute faisait-il de la vente par correspondance, qui apparaît également à cette époque. Et sans doute en saurai-je plus sur lui, un jour...

Catalogue "Aux Deux Passages" - Bibliothèque Municipale de Lyon

Publicité "La Samaritaine", 1936 - Le Petit Parisien

L comme Legs

14 juin 2016


Modeste Roche, notaire et châtelain pour le marquis de Pressins, est domicilié aux Ternes, hameau de La Bâtie-Montgascon. Il fait rédiger son testament le 22 février 1746 et grâce à ses nombreux legs, c'est toute une famille qui se reconstitue sous nos yeux.

Modeste lègue:

  • à son frère Gabriel, marchand en bas de soie à Lyon 1500 livres
  • à son neveu et filleul, Modeste Roche fils de feu Claude, 200 livres
  • à Gabriel, Claude et Jeanne Roche, enfants du dit feu Claude son frère, chacun 50 livres
  • à Suzanne Roche, sa sœur, veuve de Louis Bois de Granieu, 300 livres à déduire de ce que Suzanne et son fils Gaspard Bois lui doivent
  • à ses neveux François curé de Fitilieu, Etienne curé de Saint-Albin de Vaulserre et Pierre vicaire de Corbelin, fils de feu son frère François Roche, notaire à Leyssins, chacun 300 livres
  • à sa nièce Pierrette Roche, épouse de Joseph Morel secrétaire et greffier de Romagnieu, une rente de 99 livres
  • à ses nièces Catherine, Claudine veuve d'Etienne Pillion, Marguerite épouse de Gaspard Humbert et Antoinette épouse de François Argoud, filles du dit feu son frère François, chacune 99 livres 15 sols
  • à sa cousine germaine Louise Guillemard, qui vit actuellement avec lui, 3000 livres, une pension annuelle et viagère sa vie durant de 150 livres, une garde robe en noyer et à deux portes fermant à clé, son lit garni et son logement dans une chambre "meublée suivant son état et à choisir par la dire légataire" dans la maison ou habite le sieur Modeste Roche au lieu des Ternes.
Modeste nomme finalement comme héritier universel Michel Roche, son neveu, docteur en médecine, fils de feu son frère François.

Château du Colombier, Les Abrets, début XXe siècle

Le testament est rédigé aux Abrets, par maître Joffrey, dans la maison de campagne de Modeste Novel, seigneur de Clelles, conseiller du roi, maître ordinaire en la chambre des comptes du Dauphiné, que son cousin germain Modeste Roche, testateur, "a prié de bien vouloir être présent".


Source: AD Isère, collection Saint Olive, 32J113

J et K comme Jakob Kündig

13 juin 2016




C'était également le titre de mon article, lors du challengeAZ de 2014. Deux années se sont écoulées... où en sont mes recherches sur mes origines Suisse ?

J'avais pu obtenir l'acte de mariage de mes aïeux Jakob Kündig et Maria Katharina Engeler, daté de 1880, aux archives de l'Etat de Thurgau. C'est ensuite aux archives de l'Etat de Zürich qu'il fallait aller fouiner.


Bürger-Familienregister (1847)
Bauma, Band 1a - StAZH E III 12.19, f°1163

J'ai ainsi appris que Jakob avait pour parents: Hans Rudolf Kündig (né le 31 août 1800 à Bauma † le 12 avril 1864) et Maria Veronika Bosshard (née le 2 août 1817 à Hittnau † le 24 avril 1881). Ils se sont mariés le 5 septembre 1854 et Maria Veronika était sa troisième épouse.

Comme indiqué dans la marge de la page, au folio 361 du même Registre des familles, j'ai découvert la page concernant les parents de Hans Rudolf:

Bürger-Familienregister (1847)
Bauma, Band 1a - StAZH E III 12.19, f°361

Jakob Kündig (né le 22 avril 1770 à Bauma † le 11 juin 1841) et Katharina Lattmann (née le 13 septembre 1772 à Bauma † le 30 mars 1821), qui se sont mariés le 29 avril 1793. Après le décès de Katharina en 1821, Jakob épousera en secondes noces Barbara Kägi, le 28 juillet 1823. Il a alors 53 ans mais lui donnera encore quatre enfants.

Les membres de la famille Kündig étaient des cultivateurs et tisserands. Ils filaient le coton récolté sur leurs terres.

Marie Kündig sur son métier à tisser


À propos de l'auteur

Entretien avec Mickaël Mange
(Blog MyHeritage, juillet 2014)

Portrait de généablogueur
(La Gazette des Ancêtres, novembre 2014)

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