Les attaques de loups et autres bêtes

12 juin 2013

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Longtemps redoutés pour leurs attaques, les loups, vipères et autres bêtes féroces des campagnes sont aujourd'hui entrés dans la légende. Ils étaient pourtant bien réels pour nos ancêtres, comme en témoignent ces actes, dont les auteurs ne sont pas avares de détails:
 
Roybon, 1691
Le 10me août 1691 a été enseveli Antoine fils à Claude Guillaud et Jeanne Griaud de la paroisse de Roybon âgé d'environ douze années. Lequel a été égorgé par le loup garou dans le mandement de cette paroisse. Lequel a été enseveli dans le cimetière en présence de [...] lesquels n'ont signés pour ne savoir le faire. Moural, curé.

Chassignieu, 1712
Le huitième janvier 1712 a été ensepulturé la tête de Benoite fille de Claude Mouton et de Louise Ronge mariés, icelle fille âgée de sept à huit années. Laquelle par un accident horrible fut enlevée, étant en dehors de la porte de la maison de Pierre Defrance, serrurier de cette paroisse, sur les huit à neuf heures de nuit, étant sortie de la dite maison où elle veillait et badinait avec d'autres enfants, et fut emportée et dévorée par une bête féroce qu'on croit être un loup. La maîtresse de la dite maison étant accourue aux cris du dit enfant qui criait "ô mon dieu", et honnête Claude Bellians qui accouru aussi aux mêmes cris, ne purent point arriver à temps pour l'arrêter et la défendre. Ils trouvèrent seulement en chemin la coiffe et le mouchoir de col de l'enfant, arrêtés à un morceau de bois d'une clôture. Ils trouvèrent encore les habits du dit enfant à vingt pas de l'entrée du dit chemin et les traces du chemin qu'avait suivi la bête ensanglantée, où de temps en temps, la bête avait reposé le dit enfant pour le déchirer. Les habits consistant en une robe et sa chemise qui avaient été dévêtus sans être déchirés. Cet accident épouvantable arriva comme sus est dit sur les huit à neuf heures du soir le second janvier présente année, et la tête du dit enfant a été trouvée toute entière à Virieu dans le pré du sieur trésorier Denantes, en Barbinières. Ce jour susdit, elle a été ensepulturé. Mibert, curé, M. Saunier, curé de Chélieu présent.
 
 
Chassignieu, 1713
Du dimanche 22ème janvier 1713 avant la messe de la paroisse, on été inhumées dans le cimetière de Chassignieu les parties nobles, les entrailles et quelques parties du corps de Claude Peyton âgé d'environ douze ans, fils de François et de Laurence Cayon de cette paroisse. Lequel fut dévoré par une bête féroce que l'on croit être un loup carnassier, le 19 du présent mois, sur la terre de madame de Bellegarde, lieu appelé Marsolaz au dessous du chemin de Valencogne à Chassignieu, près d'une petite fontaine appelée la Magalière. Son chapeau fut retrouvé à vingt pas de là, ses habits (qui consistaient en un justaucorps et sa veste) furent trouvés ensuite, tout ensanglantés par dessus le col et à quelques pas de là sa chemise fut trouvée déchirée par dessous. Le tout le 20 du présent mois par Jacques Boliand et autres personnes. Cet accident funeste arriva comme est dit dessus le 19e du présent à nuit clause, suivant le rapport de quelques personnes qui l'on vu se retirer de Valencogne, venant de montrer le chemin à un frère et valet de la Sylve Bénite. Ainsi le certifie. Mibert, curé.

Châbons, 1726
Le 17 juin 1726 a été tué et mangé en partie par une bête féroce François, âgé de huit ans, fils à Gaspar Guillou dit La Vigne et a été enterré le lendemain au cimetière de cette paroisse. En présence de François Morel [...]
 
Châbons, 1735
Le 9ème de juin 1735 est mort de la morsure d'une vipère Benoit Servoz âgé d'environ dix sept ans, fils de feu Claude, de Vaux hameau de cette paroisse et a été enterré le lendemain au cimetière en présence de Thomas Rosset, Benoit Cochard, André Agnès et Benoit Janin, tous du dit Vaux, illettrés. Ainsi je l'atteste. Guédy, curé.
 
Primarette, 1747
L'an 1747 et le 23e mai, mardi de Pentecôte, pendant l'office des vêpres, un loup carnassier prit l'enfant de François Malarin, à la porte de sa maison, en présence de sa mère qui ne put jamais le lui arracher des dents: plusieurs personnes revenant des vêpres ayant entendu le récit de ce malheur coururent dans les bois sur les traces du sang que répandait l'enfant, dont ils retrouvèrent quelques membres dispersés comme la tête, les bras, une cuisse et un pied qui furent ensevelis le même jour dans le cimetière de Primarette à la nuit tombante, en présence de Michel et Gabriel Perrochat père et fils, Antoine Jivry, Jean Basset, Claude Berthier et plusieurs autres personnes qui avaient accourues à ce triste spectacle. Le dit enfant nommé Michel Malarin, âgé de sept ans et un mois.
 
 
Source: registres paroissiaux, consultables sur le site des Archives départementales de l'Isère (www.archives-isere.fr/)

  1 commentaire:

  1. Sympa l'idée de partager ce genre d'infos à travers un article complet.

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