Coups et blessures en 1863

28 juil. 2013

L'Impartial Dauphinois, 12 juin 1863
Coups et blessures sur la personne d'un père
 
 
 
 
L'accusé se nomme François Thoniel, âgé de 31 ans, cultivateur, né et demeurant à la Bâtie-Divisin. Voici les faits résumés dans l'acte d'accusation:
 
« Le 13 avril dernier, le sieur Thoniel père, âgé de 69 ans, deux de ses filles, ouvrières en soie, et la dame Françoise Bouvier, veuve Pichon, se trouvaient réunis dans une chambre située au premier étage de la maison Thoniel. Les jeunes filles travaillaient et le vieillard était assis auprès d'elles. Tout à coup François Thoniel, accusé, entra brusquement dans l'appartement, se précipita sur son père, et, le saisissant à la gorge avec les deux mains, le renversa sur le plancher. Là, il le frappa au visage à deux reprises, avec le poing, et le sang jaillit par le nez de la victime. Dans son acharnement, il pressait violemment de ses mains et de ses genoux la poitrine et le ventre du vieillard, qui faisait de vains efforts pour se soustraire aux coups et aux meurtrissures. Pendant cette lutte, les filles du sieur Thoniel, impuissantes à le secourir, avaient appelé les voisins ; la femme Thoniel et son fils Pierre, accourus aux premiers cris, firent des efforts inutiles pour arracher la victime aux étreintes de l'accusé. Enfin le sieur Gros y parvint en saisissant ce dernier et en maîtrisant ses mouvements.
La cause de cette irritation extrême était connue. François Thoniel avait reçu ce jour même, 13 avril, un commandement que son père lui avait fait signifier par le ministère d'un huissier, afin d'obtenir le paiement des arrérages d'une pension viagère due en partie par chacun de ses enfants.
Les témoignages recueillis en établissant la preuve irréfutable de tous les faits ci-dessus posés, ont révélé à la justice une autre scène de violence antérieure et non moins grave. Dans les premiers mois de l'année 1859, une discussion très vive s'éleva entre l'accusé d'un côté, et de l'autre son père, son frère Georges et son beau-frère Chollat. Bientôt la grossièreté de l'accusé obligea son père à le pousser hors de l'écurie. Il saisit alors une hache qui se trouvait par hasard à portée de son bras, mais on l'arracha promptement de ses mains. Furieux, il se jeta sur son père et le renversa, le tenant sous lui et l'accablant de tout le poids de son corps. Chollat s'empressa de dégager le malheureux vieillard. François, forcé de se retirer, lança à son père une pierre qui l'atteignit à la tête et le fit saigner.
Interrogé sur son double crime, il s'est borné à nier les faits qui lui étaient imputés ou à présenter comme excuses les prétendues provocations dont il aurait été l'objet. »
 
Thoniel père et quelques uns des témoins insinuent que l'accusé est peut-être atteint de folie ; mais cette idée est repoussée par le docteur Rabatel, qui a été spécialement chargé de vérifier l'état de l'accusé. M. Lion, substitut de M. le procureur général, soutient l'accusation. Me Castilhon, avocat, présente la défense de l'accusé. Déclaré coupable avec admission de circonstances atténuantes, Thoniel est condamné à trois ans d'emprisonnement.

Le père survécu à l'attaque de son fils et s'éteindra le 21 octobre 1864. François Thoniel (1795-1864) est mon Sosa n°122. 

  2 commentaires:

  1. François Thoniel décédé en 1864 était le mari de Virginie Cleyet Marrel. Il n'est pas le père de l'accusé né le 7/12/1832.Les parents de l'accusé seraient François Thoniel et X Guillaud Jérôme ...à vérifier Danièle Clavel

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  2. François Thoniel et Virginie Cleyet Marrel sont effectivement les parents de François Thoniel né en 1829. L'accusé n'avait pas 31 ans en 1863 mais 34 ans, d'où mon erreur et mon commentaire inutile...

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