Geneanet: le partage de données, oui, mais à quel prix?

21 déc. 2013

© freedigitalphotos.net

Tous mes proches vous le diront, je passe beaucoup de temps (trop?) à lire, chercher, transcrire, collecter, etc... pour toute discipline se rapportant à la généalogie. Aussi je suis le premier à partager des informations (et à en demander!) car l'entraide est essentielle en généalogie.

Hier, j'ai eu la surprise de découvrir sur un même arbre en ligne, des données concernant ma famille paternelle de La Côte-Saint-André et sur ma famille maternelle, originaire de Paladru. J'ai été interpellé, car il n'y a à ma connaissance que ma sœur et moi qui pouvons nous "glorifier" de cette ascendance.

Généalogie : recherchez vos ancêtres, publiez votre généalogie, consultez l'état civil ...
En vérifiant, j'ai découvert que je figurai avec mes ancêtres directs sur l'arbre de ce monsieur et qu'il avait pris la peine d'illustrer son arbre en ligne avec les photographies que j'avais publiées sur mon compte. Ces même photos de famille que j'avais mis tant d'années à collecter et qui aujourd'hui sont conservées dans les tiroirs de mon bureau.

J'ai contacté ce monsieur, n'ayant jamais eu de contact avec lui, en demandant de supprimer de son arbre les photographies ainsi que les données concernant des personnes encore vivantes. Je lui ai aussi demandé de me citer comme source pour le reste (oui, je suis gourmand!).

Voilà la belle et gentille réponse de cette personne indélicate:
Monsieur,
Je n'ai pas à vous citer dans mes recherches, ni à vous dire merci, car les renseignements que j'ai ne viennent pas de vous, et si vos photos que vous dites étaient rangées dans vos tiroirs elles ne seraient pas sur internet. Quand à la relation, et bien figurez vous qu'il y a une cousinade lointaine. Je suis très étonné de votre réaction, car en généalogie, on donne, on cherche et on trouve, ainsi s'explique la solidarité généalogique. Cordialement. XXX XXXXXXX
Alors oui pour le partage, oui pour le cousinage, mais que doit on dire aux pilleurs?

La famille Bardin et saint Benoit Labre

14 déc. 2013


Une légende familiale voudrait que Benoit Joseph Labre, alors pèlerin parcourant l'Europe, ait été accueilli au domaine de la famille Prieur-Bardin situé à Louisias, hameau de Charavines, lors de l'un de ses voyages. Pour remercier ses hôtes, Guillaume Prieur-Bardin et son épouse Françoise Millias (mes Sosas n°436 et 437), il leur prédit qu'ils auraient toujours des prêtres dans leur descendance.
 
Guillaume Prieur-Bardin (1746-1823) et Françoise Millias (1742-1821) sont justement à l'origine d'une petite dynastie de prêtres et de religieuses, dont voici quelques membres:
signature de Jean-Baptiste Bardin
  • Leur fils aîné Jean-Baptiste Bardin (1775-1856) fut héritier du domaine de Louisias et maire de Charavines. Il épousa Alexandrine Buisson: nombreux de leurs enfants ou petits-enfants firent une carrière ecclésiastique.
    • Anne-Marie Honorine Prieur-Bardin née le 2 novembre 1819 à Charavines, se fit religieuse au couvent Sainte-Ursule de Tullins, sous le nom de sœur Sainte-Alphonse. Elle y décède le 26 février 1890 à 70 ans.
    • Eugène Juste Prieur-Bardin est né le 25 novembre 1823. Il devint professeur de philosophie au petit séminaire du Rondeau à Seyssins. Il y est décédé le 20 septembre 1861, âgé de 37 ans.
    • Elisé Prieur-Bardin (1810-1866) épousa Marie Lambert. Leur fils Octave Pierre-Marcellin Prieur-Bardin est né le 12 février 1843 à Voiron. Il fut vicaire de Saint-Georges d'Espéranche en 1876 et d'Izeaux en 1877. Par la suite il devint curé de Saint-Romain de Jalionas et en 1904 curé de Valencin. Il est décédé le 31 janvier 1905.
    • Eulalie Prieur-Bardin (1826-1894) épousa Etienne Monin, dont un fils Eugène Alphonse Monin né le 10 mars 1869. Il fut prêtre et missionnaire sur l'île de Lifou en Nouvelle-Calédonie. Il est décédé le 20 mai 1907 à l'âge de 38 ans.
acte de décès de sœur Sainte-Alphonse, 1890
  • Marie-Anne Prieur-Bardin (1777-1833) épousa Pierre Rey. Ils eurent un fils nommé Pierre-Germain Rey, né à Charavines le 14 brumaire de l'an 12. Il fut archiprêtre du Touvet, avant de devenir chanoine de la cathédrale de Grenoble. Il décéda à Grenoble le 13 mai 1887 à 83 ans.
tombeau de la famille Bardin (Prieur-Bardin) au cimetière de Charavines
  • Julien François Prieur-Bardin, cadet des enfants de Guillaume, est né le 12 janvier 1787 à Charavines. Il fut curé de Saint-Pierre de Paladru et mourut dans la maison curiale le 3 décembre 1873, à l'âge de 86 ans. Petite anecdote: l'église actuelle de Saint-Pierre de Paladru est construite sur l'emplacement de l'ancien cimetière du village. Il ne reste plus qu'un vestige de cet ancien cimetière: la tombe de l'abbé Bardin à l'abris sous quelques arbres!
tombe de l'abbé Bardin, curé de Saint-Pierre de Paladru


Benoit Joseph Labre vécut ses dernières années à Rome. Il mourut le 16 avril 1783, au devant de l'église Sainte-Marie des Monts. Il fut canonisé en 1881.
S'agit-il d'une simple légende familiale ou les paroles du saint homme ce sont-elles exaucées?
gisant de Benoit Joseph Labre,
église Ste Marie des Monts, Rome
© École française de Rome



Sources:
- Registres paroissiaux et d'état-civil de Charavines, Voiron, Tullins, Seyssins, Grenoble, Paladru
- AD de l'Isère http://www.archives-isere.fr/
- Les amis de Saint Benoit Labre http://www.amis-benoit-labre.net
- relevés de CimGenWeb http://www.memorial-genweb.org/
- Mémoire et actualité en Rhône-Alpes http://www.memoireetactualite.org/
- Images: collection personnelle
- Généalogie de l'ancienne maison Bardin de Louisias, par Jean-Baptiste Bardin 1837

La première mission à Charavines

Pierre Millias (mon Sosa n°874) et son épouse Marguerite Bouvier, bourgeois et propriétaires d'un domaine agricole à Louisias, hameau de Charavines, formaient un couple pieux et apprécié de leur communauté. Pierre fut d'ailleurs inhumé en 1766 "en présence de presque toute la paroisse" d'après le témoignage du curé. Il laissait six enfants, dont un fils unique nommé Jean-François, né le 13 juin 1753 et qui était le dernier de son nom.
 
signature de Pierre Millias
 
Jean-François Millias se destinait au métier de notaire et fit des études à Grenoble. Mais il décède à l'âge de 18 ans, le 30 juin 1771. Dans son testament rédigé le 17 juin de la même année, il désigne sa sœur Françoise comme héritière. Il la chargea également de réaliser la première mission catholique dans leur paroisse. Il légua ainsi: «96 livres à monsieur Mallet curé du dit Charavines, pour les messes de repos de son âme [...] et dans le même temps, lègue et veut le dit sieur testateur qu'il soit fait une mission dans l'église du dit Charavines, icelle mission payée par son héritière bas nommée, dans trois années à compter du décès de lui testateur».
 
acte de sépulture de Jean-François Millias, 1771
 
 
L'abbé Mallet de Charavines nous apprend par ses registres paroissiaux, en janvier 1775, le bon déroulement de cette mission.
 
"Il est inouï que jamais il y ait eu ici de mission, jusqu'à ce jour 8 janvier 1775 qu'elle nous a été portée par les missionnaires de Saint-François de Sales, faussement appelés de Saint-Joseph. Ces messieurs furent fondés près de Sainte-Colombe par monsieur Cretenel, il y a près de quatre-vingt ans. Les trois qui sont venus ici s'appellent: Martinol qui a fait l'ouverture, Hainselin et Mical qui ne sont venus que trois jours après. Cette mission est un fruit de la piété de sieur Jean-François Millias, jeune homme de vingt un ans, dernier de son nom, au hameau de Louisias, qui chargea sa sœur et héritière de cette bonne oeuvre dans son testament, à la charge que la mission serait donnée trois ans après son décès. Ce qu'on vint d'éxécuter moyennant la somme de dix louis que l'on donne pour quatre semaines que durera la mission. La dite somme de deux cent quarante livres comptée par sieur Guillaume Prieur-Bardin, mari de la dite héritière, demoiselle Françoise Millias. En foi de quoi nous avons signé. Mallet, curé de Charavines."

Un traité fut conclu le 22 août 1771 entre les héritiers de Pierre Millias: le domaine de Louisias revint à Françoise Millias et son époux Guillaume Prieur-Bardin.
 
 
Sources:
- Registres paroissiaux de Charavines
- Registres de Me Cret, notaire à Charavines

Saga d'une curieuse famille

8 déc. 2013

Voici l'histoire des curieuses familles Primard et Gros, que je vous propose de suivre sur plusieurs générations. Ses membres vécurent à La Bâtie-Divisin, à quelques lieues du lac de Paladru.

1691

Antoinette Freppaz est une jeune veuve de 33 ans. Son époux Claude Primard, surnommé Leython, est décédé en décembre 1689. Mais Antoinette ne restera pas seule très longtemps car elle fait baptiser le 30 janvier 1691 la fille née de sa relation hors mariage avec François Jallamion, fille qu'elle prénomme Benoite.


1694

Claude Primard, fils légitime de la précédente, épouse le 21 février 1694 Marguerite Foche alors qu'il n'a même pas 18 ans. Un enfant précoce ! Ensemble ils eurent plusieurs enfants, dont:
- Pierre, né en 1700
- Virginie, née en 1714

1729

Françoise, fille illégitime de Pierre Primard et de Jeanne Jaquet, est baptisée.

1755-1757

Virginie Primard et son époux Joseph Gros font baptiser leur fille nommée Marguerite en mai 1755. Virginie décède deux ans plus tard, en mai 1757.

1761

Françoise Primard, fille illégitime de Pierre, se présente à l'église pour faire baptiser Charles autre enfant illégitime né de sa relation avec... Joseph Gros, son oncle par alliance, veuf depuis quatre ans. La baptême eut lieu le 17 novembre 1761.


1826

Pierre Tardy-Panit épouse le 29 juin 1826 Marie Gros. Mais quel est leur rapport avec les précédents?


  • Pierre est le fils de Marguerite Gros - fille (légitime) de Joseph et Virginie Primard
  • Sa jeune épouse Marie Gros est la fille de Charles Gros - fils (illégitime) de Joseph et Françoise Primard.

Les époux étaient cousins germains !

Dernier événement de cette curieuse famille, toujours en 1826: Claude Tardy-Panit, fils de Pierre et Marie Gros, naît le 31 juillet 1826, soit à peine un mois après le mariage de ses parents.

Une rapide grossesse et beaucoup d'enfants naturels pour cette curieuse famille...








Source: registres paroissiaux  et état-civil de La Bâtie-Divisin

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