F comme Frontière

6 juin 2014

Avant que la Savoie ne soit définitivement rattachée à la France en 1860, mes ancêtres ont vécu près de la frontière. Certains ont même pu assister à de grands évènements...

Le mardi 16 octobre 1696, vers les quatre heures de l'après-midi, un carrosse arrive au Pont-de-Beauvoisin. Coupée en deux par la rivière du Guiers, cette ville possède une partie française et une partie savoyarde. Un cortège de noblesse s'était réuni au couvent des Carmes, situé sur la frontière, pour accueillir la princesse Marie-Adélaïde de Savoie. Elle se rendait en France, afin d'épouser le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV.


Arrivée de la Princesse de Savoye au Pont Beauvoisin, Estampe, Gallica
 
La princesse après s'être reposée, échangea ses habits italiens contre de somptueux atours venus de France, afin qu'elle ne conserva rien d'une cour étrangère. Un autre carrosse l'attendait, à mi chemin du pont. La jeune fille s'avança et le domestique qui l'aidait à porter sa robe la quitta. La relève fut immédiatement prise par un domestique français. Tout ceci se fit sur le bruit des trompettes et les acclamations du peuple! La princesse fut emmenée au logis qui l'attendait dans la partie française de la ville. Il s'y était préparé des nobles de toutes les provinces voisines. Puis après la présentation à la cour française, elle monta dans le carrosse du roi, en direction de sa nouvelle vie à la cour de Versailles.

Un tel passage devait faire grand bruit dans cette petite ville. Mais tout ce faste est contrasté par la description donnée par Louise de Cléron, dame de compagnie de la princesse, de la population qu'elle aperçoit en quittant Pont-de-Beauvoisin:

"Les gens de la campagne et les laboureurs quittaient leur charrue pour nous voir passer. Leur figure était hâve et maigre, leurs vêtements déguenillés et leur air aussi stupide que celui des animaux qu'ils conduisaient. Des essaims de pauvres assiégeaient nos voitures, repoussés rudement par les gardes du roi. Enfin la misère des habitants et la stérilité du pays, voilà je l'avoue, ce qui me surprit en arrivant en France."


Source: Souvenirs d'une demoiselle d'honneur de Madame la duchesse de Bourgogne - Louise de Cléron, http://books.google.fr/

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