N comme Nathalo

16 juin 2014


Aujourd'hui nous allons voyager en Nouvelle-Calédonie sur l'île de Lifou, à Nathalo particulièrement. Né le 10 mars 1869 à Charavines, Eugène Monin est mon arrière-arrière-arrière-grand-oncle. Il est ordonné prêtre le 19 mai 1894 par l'évêque de Grenoble. En 1898 il entre chez les Frères Maristes pour aller en mission d'évangélisation.

Fiche personnelle d'Eugène
source: Archives des Frères Maristes à Rome

Le paquebot "Armand Béhic" à Nouméa
source: French Lines



Il embarque le 27 mars à bord de l'Armand Béhic. Arrivé en Nouvelle-Calédonie le 3 mai, il se dirige vers l'île de Lifou,qu'il rejoint le 19 août 1898. Eugène est alors nommé vicaire de Nathalo, dans le nord de l'île. Un ministère qui ne sera pas de tout repos.

La paroisse est endettée lorsque le père Monin prend ses fonctions. Il décide alors de plafonner le dortoir de l'école plutôt que de faire des travaux dans son presbytère. Mais rares sont les enfants qui viennent à l'école: la foi chrétienne s'impose difficilement face aux traditions séculaires. Les difficultés s'enchaînent pour Eugène et ses paroissiens: accusations de sorcellerie, violences sur les enfants, vols, suicides et mauvaises conditions climatiques. En 1903 une grande famine s'acharne sur l'île. Le père Monin lance un appel au secours auprès d'un périodique local:

«Aidez-nous donc à conserver à nos enfants la vie du corps et en même temps la vie de l'âme. Le fléau commence à faire des victimes. Un de mes confrères m'écrit qu'une de ses paroissiennes est morte de faim et dans une station je vais dire la messe de temps à autre, j'ai trouvé mon petit servant de messe à toute extrémité. Grâce à vous, j'en ai la conviction, il nous sera donné de venir au secours de ces infortunés et de distribuer aux plus délaissés un peu de riz et de farine. Et peut-être, au lieu de perdre des âmes, aurons-nous la consolation d'en amener quelques-unes au vrai bercail de Jésus-Christ !»

RP. Monin à la grotte de Lourdes, à Nouméa

De plus Eugène est très malade depuis son arrivée sur l'île. Il décrit ses symptômes dans une lettre de 1899: «Quant à moi, je n'ai pas trop à me plaindre. Mes maux de tête sont devenus des compagnons inséparables et insupportables par moment, mais on s'y fait!». Il sera rapidement frappé d'hémiplégie. Ses confrères de la Mission diront «le Père Monin est alité depuis huit jours, souffrant d'un mal d'oreille... J'ai le cœur percé d'entendre le pauvre Père gémir continuellement, torturé par la douleur de l'oreille et de toute la tête». En 1907, sa tumeur est devenue incurable et paralysé, il décède à Nathalo le 20 mai, âgé de 38 ans et après 9 années d'exercice.


1.Clément Oukéin, grand chef de Nathalo
2.Virginie sa fille, la princesse héritière, à l'école à Saint-Louis
3.César Simane, beau-frère de Clément, qui a fait plusieurs voyages à Marseille
4.Nicolas Haëtou, berger à Nathalo
5.Léonie, sœur de Nicolas, à Saint-Louis également
6.Louis Pouiöno, fils du grand chef de la tribu voisine
x Eugène Monin
(Photographie qu'Eugène a envoyé à ses neveux et nièces: une pour Charavines, une pour Paladru. Source: collection familiale)


Acte de décès d'Eugène Monin, 1907 - ANOM


- Remerciements: aux archives de Nouvelle-Calédonie, à Pierre Ngo du diocèse de Nouméa, à JB. Jolly et François Grossin. Un remerciement particulier à ma cousine Renée Monin.
- Sources: état-civil de Charavines ; Histoire de la mission catholique dans l'île de Lifou au XIXème siècle, Jacques Izoulet, 1996 ; Fil d'Ariane: www.entraide-genealogique.net ; journal La France Libre, 9 avril 1898 ; Les archives de Nouvelle-Calédonie ; Bulletin périodique de l'OPPF sur http://gallica.bnf.fr 
- Retrouvez l'histoire détaillée d'Eugène par ici et par ici.

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