W comme Wagonnet

26 juin 2014

Victor Nicolas Mange, mon arrière-arrière-grand-père (Sosa n°16), est né le 21 mars 1874 à La Côte-Saint-André dans une famille de cultivateurs et vignerons. Il y a encore quelques semaines, je ne le connaissais qu'à travers l'état-civil. Puis j'ai découvert, via le site Mémoire & actualité en Rhône-Alpes, un article du Journal de Vienne daté du 4 novembre 1916, qui nous livre quelques détails:

 
Victor était donc employé dans la Compagnie des chemins de fer du Sud et travaillait en gare de La Côte-Saint-André. Serré violemment entre un train et un wagonnet, il recevra plusieurs blessures suite à l'accident. Il décèdera à l'hôpital du même lieu, le 30 octobre 1916 à 14h.

 

Gare de La Côte-St-André
Hôpital mixte de La Côte-St-André
 
 
Sources: état-civil de La Côte-St-André, http://www.memoireetactualite.org/index.php et http://www.delcampe.net/

V comme Vérole

25 juin 2014

 En fouinant aux archives départementales de l'Isère, dans la série des archives communales anciennes, j'ai déniché quelques anecdotes sur Benoît Pascal-Suisse, mon aïeul à la 7ème génération (sosa n°230) qui vivait à La Bâtie-Divisin. Le 18 août 1802, le maire lui rédige un certificat pour se rendre à Grenoble:
Benoit Pascal, réquisitionnaire originaire de la commune de Saint-Bueil, habitant à cette commune arrondissement de La Tour-du-Pin, département de l'Isère, né à Saint-Bueil le 10 mars 1769, taille 1 mètre 708 millimètres, cheveux et sourcils noirs, yeux idem, front ordinaire, nez aquilin, bouche grande, menton rond, visage long. Le dit réquisitionnaire se rendant à Grenoble à l'effet de faire la déclaration exigée par la loi du 24 floréal dernier et de profiter de l'amnistie accordée aux volontaires réquisitionnaires qui comme lui ont déserté à l'intérieur. En foi de quoi le présent passeport et certificat lui ont été délivré en exécution de l'arrêté du préfet de l'Isère du 19 messidor dernier, par le maire de La Bâtie-Divisin, pour lui servir et valoir ce que de droit. En mairie de La Bâtie-Divisin, le 30 thermidor an 10 (18 août 1802) de la République française et n'a le requérant signé pour ne le savoir.
Puis, plus loin dans le registre:
Le capitaine commandant la gendarmerie du département de l'Isère, certifie que le citoyen Pascal Benoît, âgé de 32 ans, taille 1 mètre 706 millimètres, cheveux noirs, sourcils idem, yeux bruns, front couvert, nez aquilin, bouche moyenne, menton rond, visage marqué de petite vérole, demeurant à La Bâtie-Divisin, a été compris dans l'amnistie accordée aux déserteurs par la loi du 24 floréal an 10 et qu'il est porté sur le n°967 dans l'état des amnistiés de l'arrondissement de La Tour-du-Pin, qui ont été autorisés à rentrer dans leurs foyers. Fait à Grenoble le 30 brumaire an 11 (21 novembre 1802) de la République. Vu par le Préfet du département de l'Isère. Enregistré à la municipalité de La Bâtie-Divisin, domicile du porteur. Sous le n°11 à La Bâtie-Divisin, le 10 ventôse an 11 (1er mars 1803).

Ainsi mon lointain ancêtre avait été déclaré déserteur mais il obtint l'amnistie suite à la loi promulguée le 24 floréal de l'an 10. De plus, il avait jadis contracté la petite vérole et bien qu'il ait survécu, il portait sur son visage les traces de la maladie.


Source: Archives départementales de l'Isère - 4E338/25 (passeports)

S comme Servante

21 juin 2014

Suite et fin de la vie mouvementée de mon ancêtre César. Mouvementée, car après quelques années à Lyon comme teinturier, il vit à nouveau dans son village natal: Attignat-Oncin, dans l'avant-pays savoyard.
 
Et le retour au pays fut sans doute précipité! En effet, lors du mariage de son fils Antoine, le 27 novembre 1818, il est précisé que «l'on ignore le nom de la mère de l'époux, ayant été apporté de Lyon à Oncin, âgé seulement de quelques jours».
 
Un évènement inattendu
 
En l'église d'Attignat-Oncin, le 14 mai 1792, le curé messire Richard baptise la petite Florence, née le matin même d'Antoinette Micoulaz, originaire de Saint-Béron. Le parrain et la marraine de l'enfant témoignent: le père ne serait autre que César Grivet-Coquet, chez qui Antoinette vit en tant que domestique!
 
baptême de Florence Micoulaz, Sosa n°205
 
Quant à César, il s'éteint une vingtaine d'années plus tard, le 17 juin 1813, à l'âge de 68 ans. Il sera inhumé le lendemain, au cimetière d'Attignat-Oncin.

Florence, la fille illégitime de César et de sa servante, est mon aïeule à la 7e génération.
 
 
 
 
Sources: registres d'Attignat-Oncin, www.savoie-archives.fr

R comme Registre

20 juin 2014

Je voudrais partager avec vous ce "Registre destiné à recevoir la déclaration des habitants de La Bâtie-Divisin, qui ont des armes de chasse et autres en leur pouvoir". Cette liste fait suite à un arrêté du préfet de l'Isère en date du 7 mai 1816.

Un seul de mes ancêtres vivant à La Bâtie-Divisin à cette époque s'est présenté devant le maire: Benoit Pascal-Suisse, cultivateur de métier (Sosa n°230). Les autres ne chassaient-ils pas?


 
 
Déclaration Noms et prénoms des personnes déclarantes Domicile Armes déclarées
13e mai 1816 Millon-Fremillon François, membre du Conseil municipal Monin Un fusil de chasse simple
" Guttin Antoine, membre du Conseil municipal Chapelle Un fusil de chasse simple en mauvais état
" Jallamion-Brun Antoine Monin "
" Nemoz Joseph Recoin Un petit pistolet en mauvais état
15 mai " Guilloud Antoine, membre du Conseil municipal Chapelle Deux fusils simples de chasse
" Millon George Monin Un fusil de chasse simple en mauvais état
" Bouvier-Pouguet Benoit Charrière "
19 mai " Collomb Charles Sougey Un fusil de chasse double en mauvais état et un mauvais pistolet
" Collomb François, représenté par son père " Un fusil de chasse simple en mauvais état
" Monin Claude membre du Conseil municipal Monin Un fusil de chasse simple en très mauvais état
" Millon Joseph,membre du Conseil municipal Chapelle Un fusil de chasse simple et un petit pistolet en bon état
" Belmont Antoine, adjoint Monin Un fusil de calibre
" Charreton Jacques Recoin Un fusil de chasse simple en mauvais état
" Cholat Gabriel Solet (?) "
" Cholat Thomas Sougey Un fusil simple de chasse
20 mai " Bouvier-Pouguet Antoine Charrière Un fusil de chasse simple en mauvais état
" Paulaud Joseph " Un fusil simple de chasse en mauvais état, le canon percé
21 mai " Palla(?) Claude " Un fusil simple de chasse en bon état
23 mai " Charreton François Sougey Un fusil de chasse vieux
24 mai " madame veuve Darragon " "
" Bajat, présent maire   Trois fusils de chasse, dont un double en état, un petit simple en médiocre état et un autre vieux gros en très mauvais état et un sabre en médiocre état
25 mai " Pascal-Suisse Benoit Charrière Un fusil de chasse simple en médiocre état
26 mai " Moiroud-Joly Jean Vernai (?) "
28 mai " Brocher Antoine, fils Recoin Un fusil de chasse en médiocre état
31 mai " Martin André Chapelle "

Source: Archives départementales de l'Isère - 4E338

Q comme Quartiers

19 juin 2014

Mes ancêtres sont tous isérois ou savoyards. Tous? Non... Une branche d'irréductibles aïeux m'a permis de voyager de part et d'autre de notre belle France. Je vais donc vous présenter l'ascendance d'Eugénie.

Google Maps
 
Eugénie Brossier est née le 14 avril 1879 à Brienne-le-Château (Aube). Ses parents Mathieu Brossier, tonnelier de métier et Juliette Leclerc, formaient une famille recomposée étant tout deux veufs d'un premier mariage.



 
Acte de naissance d'Eugénie Brossier
 
Son grand-père Pierre-Antoine Brossier (1799-1843) était vigneron à Précy-Saint-Martin (Aube). Il était le fils de Pierre Brossier, scieur de long originaire d'Estivareilles (Loire). Ses ancêtres vécurent à Estivareilles, La Chapelle-en-Lafaye (Loire) ou Saint-Pal-de-Chalencon (Haute-Loire). La grand-mère paternelle d'Eugénie, Mathie Ridey (1797-1869), était originaire de Précy-Saint-Martin (Aube), tout comme ses ascendants.
 
 
Par sa mère, Eugénie était la petite-fille de Jean-Baptiste Leclerc, manouvrier, né en 1808 à Saint-Léger-aux-Bois (Oise). Ses aïeux vivaient à Saint-Léger-aux-Bois, Pimprez ou Bailly, communes du département de l'Oise. La grand-mère maternelle d'Eugénie, Rosalie Doucet, est née en 1812 à Brienne-le-Chateau, du mariage de Louis Doucet et de Marie-Anne Lebœuf. Louis Doucet était originaire de Vauchonvilliers (Aube). Les ancêtres de son épouse Marie-Anne Lebœuf vivaient à La Chaise, Fuligny, Soulaines-Dhuys (Aube) ou bien encore à Longeville-sur-la-Laines et Robert-Magny (Haute-Marne).
 
Mariage de Joseph Doucet & Anne Nolson, Vauchonvilliers 1745

Eugénie Brossier est mon arrière-arrière-grand-mère (Sosa n°17). Elle fut l'épouse de Victor Mange, qui lui était bien dauphinois, né et décédé à La Côte-Saint-André (Isère). Je ne sais pas, en l'état actuel de mes recherches, par quelles circonstances mon aïeul a traversé une grande partie de la France, pour épouser cette jeune fille aux ancêtres voyageurs.

  

Pour le détail de cette généalogie je vous invite à consulter mon arbre publié sur Geneanet http://gw.geneanet.org/geneamick

P comme Paternité

18 juin 2014



Ce jourd'hui trente avril mil huit cent douze, heure de sept du matin. Par devant nous Joseph Nicolas Pierret, maire et officier public de l'état civil, en la commune de Brienne.
 
Est comparu Louis Doucet, boucher, âgé de soixante douze ans, lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin, de lui déclarant et de Marie-Anne Lebœuf sa femme, né du jour d'hier à cinq heures du matin. Auquel enfant il a déclaré vouloir donner les prénoms de Catherine Rosalie.

Lesquelles présentation et déclaration faites en présence de Louis Petit, maréchal ferrant âgé de cinquante ans et de Louis François Garnier, vigneron âgé de cinquante sept ans, tous deux amis et voisins dudit Doucet et tous trois domiciliés audit Brienne. Lesquels ont requis acte et ont signé avec nous après lecture faite. Excepté ledit Doucet qui a déclaré ne le savoir de ce interpellé.
__________________________
 
Cet acte de 1812, rédigé à Brienne-le-Chateau (Aube), est un record dans ma généalogie. Le record de l'âge le plus avancé pour être père. Louis Doucet déclare ainsi la naissance de sa fille Catherine Rosalie à l'âge de 72 ans !
 
 

O comme Oran

17 juin 2014

Jean-Baptiste Durand (mon Sosa n°212) est né le 27 mai 1798 sur les bords du lac de Paladru, dans une famille de fermiers. Il reçoit une bonne éducation, puisqu'il est instituteur à Charavines, lors de son mariage avec Catherine Eyssard le 5 septembre 1826. Le couple vit à Charavines jusqu'en 1829, exerçant la profession de cabaretier avec Antoine, le père de Jean-Baptiste.
 
Par la suite, ils s'installent à Bilieu où ils sont cultivateurs. De 1832 à 1847, Jean-Baptiste sera même garde-champêtre de la commune. Catherine donnera naissance à six enfants:
  • Virginie le 9 août 1827
  • Jean-Baptiste le 8 juin 1829
  • Adélaïde le 6 mai 1832
  • Joseph le 5 décembre 1834
  • Marie-Rosalie le 4 décembre 1837
  • Eugène le 16 mai 1842
Le 20 octobre 1851, Jean-Baptiste marie sa fille Adélaïde. Puis entre 1852 et 1853, il laisse femme et enfants pour partir faire du négoce à Oran en Algérie.

source: Gallica
 
Son autre fille Virginie épouse le nouvel instituteur de Bilieu le 18 octobre 1854. Jean-Baptiste est alors "négociant et commerçant à Oran et propriétaire à Bilieu". Il est donc absent mais a consenti au mariage, par acte devant un notaire d'Oran.
 
Ce qu'ils ne savent pas encore lors des noces, c'est que Jean-Baptiste a rendu l'âme depuis six jours. Il est décédé le 12 octobre dans sa maison, rue Napoléon, à Oran. Il fut inhumé le lendemain, 13 octobre.
 
Transcription du décès de Jean-Baptiste dans les registres de Bilieu
 
Sépulture de Jean-Baptiste, paroisse Saint-André d'Oran
 
 
Sources: Etat-civil de Charavines et Bilieu www.archives-isere.fr ; Etat-civil d'Oran (ANOM) ; Archives diocésaines d'Oran (Monastère de dominicaines de Taulignan) et registres de Saint-André d'Oran

N comme Nathalo

16 juin 2014


Aujourd'hui nous allons voyager en Nouvelle-Calédonie sur l'île de Lifou, à Nathalo particulièrement. Né le 10 mars 1869 à Charavines, Eugène Monin est mon arrière-arrière-arrière-grand-oncle. Il est ordonné prêtre le 19 mai 1894 par l'évêque de Grenoble. En 1898 il entre chez les Frères Maristes pour aller en mission d'évangélisation.

Fiche personnelle d'Eugène
source: Archives des Frères Maristes à Rome

Le paquebot "Armand Béhic" à Nouméa
source: French Lines



Il embarque le 27 mars à bord de l'Armand Béhic. Arrivé en Nouvelle-Calédonie le 3 mai, il se dirige vers l'île de Lifou,qu'il rejoint le 19 août 1898. Eugène est alors nommé vicaire de Nathalo, dans le nord de l'île. Un ministère qui ne sera pas de tout repos.

La paroisse est endettée lorsque le père Monin prend ses fonctions. Il décide alors de plafonner le dortoir de l'école plutôt que de faire des travaux dans son presbytère. Mais rares sont les enfants qui viennent à l'école: la foi chrétienne s'impose difficilement face aux traditions séculaires. Les difficultés s'enchaînent pour Eugène et ses paroissiens: accusations de sorcellerie, violences sur les enfants, vols, suicides et mauvaises conditions climatiques. En 1903 une grande famine s'acharne sur l'île. Le père Monin lance un appel au secours auprès d'un périodique local:

«Aidez-nous donc à conserver à nos enfants la vie du corps et en même temps la vie de l'âme. Le fléau commence à faire des victimes. Un de mes confrères m'écrit qu'une de ses paroissiennes est morte de faim et dans une station je vais dire la messe de temps à autre, j'ai trouvé mon petit servant de messe à toute extrémité. Grâce à vous, j'en ai la conviction, il nous sera donné de venir au secours de ces infortunés et de distribuer aux plus délaissés un peu de riz et de farine. Et peut-être, au lieu de perdre des âmes, aurons-nous la consolation d'en amener quelques-unes au vrai bercail de Jésus-Christ !»

RP. Monin à la grotte de Lourdes, à Nouméa

De plus Eugène est très malade depuis son arrivée sur l'île. Il décrit ses symptômes dans une lettre de 1899: «Quant à moi, je n'ai pas trop à me plaindre. Mes maux de tête sont devenus des compagnons inséparables et insupportables par moment, mais on s'y fait!». Il sera rapidement frappé d'hémiplégie. Ses confrères de la Mission diront «le Père Monin est alité depuis huit jours, souffrant d'un mal d'oreille... J'ai le cœur percé d'entendre le pauvre Père gémir continuellement, torturé par la douleur de l'oreille et de toute la tête». En 1907, sa tumeur est devenue incurable et paralysé, il décède à Nathalo le 20 mai, âgé de 38 ans et après 9 années d'exercice.


1.Clément Oukéin, grand chef de Nathalo
2.Virginie sa fille, la princesse héritière, à l'école à Saint-Louis
3.César Simane, beau-frère de Clément, qui a fait plusieurs voyages à Marseille
4.Nicolas Haëtou, berger à Nathalo
5.Léonie, sœur de Nicolas, à Saint-Louis également
6.Louis Pouiöno, fils du grand chef de la tribu voisine
x Eugène Monin
(Photographie qu'Eugène a envoyé à ses neveux et nièces: une pour Charavines, une pour Paladru. Source: collection familiale)


Acte de décès d'Eugène Monin, 1907 - ANOM


- Remerciements: aux archives de Nouvelle-Calédonie, à Pierre Ngo du diocèse de Nouméa, à JB. Jolly et François Grossin. Un remerciement particulier à ma cousine Renée Monin.
- Sources: état-civil de Charavines ; Histoire de la mission catholique dans l'île de Lifou au XIXème siècle, Jacques Izoulet, 1996 ; Fil d'Ariane: www.entraide-genealogique.net ; journal La France Libre, 9 avril 1898 ; Les archives de Nouvelle-Calédonie ; Bulletin périodique de l'OPPF sur http://gallica.bnf.fr 
- Retrouvez l'histoire détaillée d'Eugène par ici et par ici.

M comme Misère

14 juin 2014

Le père Bollian, curé de Merlas, nous livre un acte insolite daté du 22 avril 1694:

Le 22e d'avril 1694 j'ay inhumé dans le cimetiere Benoist Revol Cochat, masson. Il avoit fait les Pasques, on l'a trouvé mort dans sa maison de faim, de maladie et de pauvreté. J'ay dit la Ste Messe ce jour la et on ne m'a pas averty pour luy donner les derniers sacrements. En foy de quoy me suis signé. Bolian curé
Une dizaine d'années plus tôt, le prêtre s'était déjà déplacé jusqu'à la ville de Vienne auprès de l'archevêque Henri de Villars, afin d'obtenir une dispense de parenté pour deux de ses pauvres paroissiens:

Benoist Allioud Goussard, un des anciens de Merlas, affirma en effet que Melchiol Roulet et Benoiste Drevon qui projetaient de s'épouser, étaient parents du 3e au 4e degré. L'archevêque de Vienne leur accordera la dispense, ayant reconnu leur état de pauvreté.

 Et les actes anecdotiques dans ce genre ne sont pas rares à Merlas, petit village rural où la vie était rude en ce XVIIe siècle.

Source: registres paroissiaux de Merlas, Isère - http://www.archives-isere.fr/

L comme Lyon

13 juin 2014

 
Après sa jeunesse dans l'armée française et sa réception à l'Hôtel des invalides, notre savoyard préféré - César - désormais âgé de 30 ans, vit à Lyon comme teinturier en soie.
 
Mariage de César Grivet dit Cocquet, Lyon 1774
 
Il épouse le 12 avril 1774, à Lyon paroisse Saint-Vincent, Catherine fille d'Antoine Besse, soldat invalide comme lui. Son père Jérôme a fait le déplacement depuis la Savoie! De leur union naitront plusieurs enfants, dont Pierre en 1775, Claudine en 1776 et Marie en 1778.
 
Les métiers de la soierie sont répandus à Lyon, capitale de la soie. Celui de teinturier est composé de plusieurs fonctions, que je vous propose de découvrir à travers ces illustrations.
 
 Un ouvrier coupe le bois de teinture en copeaux, au premier plan. Sur la gauche, deux ouvriers dressent la soie sur des éparts, tandis que sur la droite, un autre la plonge dans des chaudières pour la teindre. Les chaudières sont généralement construites sur des fourneaux et alimentées en eau par des tuyaux de plomb. Au centre, un ouvrier porte les soies au lavage.
 
  
Les soies sont ensuite lavées et battues sur des pierres. L'opération se fait le plus souvent sur une barque à même la rivière. Puis vient le moment du séchage, les soies étant suspendues à une branloire.
 
 
César vécu une vingtaine d'années à Lyon, avant de retourner dans son pays natal.

 
À suivre...

 
Sources: Archives de Lyon, http://www.archives-lyon.fr ; Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de l'Encyclopédie Diderot et d'Alembert, http://portail.atilf.fr/

J et K comme Jakob Kündig

11 juin 2014

Tout a commencé avec ce document...
 
source: collection personnelle
 
Je venais de retrouver une fiche d'état-civil concernant mon arrière-grand-mère Amanda Kündig, décédée quelques mois avant ma naissance. Née le 29 mai 1902, elle était originaire de Bauma, commune du canton de Zürich en Suisse. Je n'ai pas compris immédiatement que de longues heures de recherches, des tas de courriers et de mails m'attendaient dans la poursuite de mes racines en Suisse. Après quelques échanges, j'ai obtenu du bureau d'état-civil de Bauma l'acte suivant:
 
source: Zivilstandsamt Bauma 
 
Amanda était bien née le 29 mai 1902, à Blitterswil, hameau de Bauma. Mais une énigme se présentait: dans tous les actes la concernant je ne trouvais aucune mention de son père. Seule sa mère Maria-Luisa Kündig était nommée. Amanda était née de père inconnu!
 
D'après les informations fournies par la mairie de Bauma, il fallait ensuite que je m'adresse à la commune de Wald pour la suite de mon périple. Maria-Luisa Kündig est née dans cette commune le 23 janvier 1881. C'est toujours à Wald que ses parents Jakob Kündig et Maria Katharina Engeler se sont mariés le 8 novembre 1880.

source: Staatsarchiv Thurgau
 
Lui est né le 25 février 1855 à Hornen (hameau de Bauma) de Hans Rufolf Kündig et Maria Veronika Bosshard. Elle est née le 13 février 1851 à Lenggenwil (hameau de Niederhelfenschwil) du mariage de Karl Konrad Engeler et Anna-Maria Brunschwyler.
 
Il m'aura fallu cinq années de recherches pour obtenir ces informations et ce après de nombreux courriers sans réponse.

Maria-Luisa Kündig (collection personnelle)

signature de Jakob Kündig, 1902

I comme Invalide

10 juin 2014

Vous souvenez-vous de César, mon aïeul savoyard parti guerroyer en Corse avec l'armée française? (sinon c'est par ici) Nous l'avons quitté en mauvaise posture: il venait d'être atteint par deux coups de feu!

La conquête de l'île laissera un très mauvais souvenir, aussi bien aux corses qu'aux français.  Comme nous le prouve le récit qui suit, la violence était de mise! Il s'agit d'un combat mené en 1769 par le régiment de Languedoc, dans lequel César fut enrôlé.
 
 
~

A l’aube du 29 juillet 1769, un détachement du régiment de Languedoc ratissait la forêt de Valdu Niellu afin de retrouver les rebelles corses qui s'y cachaient. Des soldats entendirent des coups de feu et des appels à l’aide de certains camarades attaqués par des rebelles. Arrivés à leur secours, ils prennent en chasse un attaquant qui tentait de prendre la fuite. Le fugitif fait soudain volte-face et tire à bout portant sur un soldat, qui est tué sur le coup! Le rebelle corse, qui est alors coincé entre des rochers, poursuit le combat à coups de pierres. Un autre soldat réussit à l’atteindre mais le corse s'empare de son fusil-baïonnette. Le fugitif est cependant vite désarmé et le combat se poursuit au corps à corps. Le corse succombe rapidement sous le nombre.

Le prisonnier est aussitôt conduit dans les prisons de la citadelle de Corti, le 30 juillet 1769. L’homme se nomme Andréa Alfonsi, c'est un berger âgé de quarante-huit ans et natif du village d'Albertacce (Haute-Corse). Interrogé dès le lendemain, Andréa avoue qu’il a été enrôlé une quinzaine de jours auparavant par des voisins rebelles. Le matin de l'attaque, à l’aurore, ses compagnons aperçurent les premiers soldats français et s’enfuirent. Mais Andréa lui, était déjà encerclé. Les soldats indiquent que le prisonnier a résisté, refusé de marcher, s’est débattu et avouent l’avoir malmené, lui avoir asséné quelques coups et arraché quelques cheveux!

Le 7 août 1769, le jugement est rendu: Andréa est condamné à avoir les bras, jambes, cuisses et reins rompus vif à Corti. Son corps sera exposé dans la forêt de Valdu Niellu, sur le chemin le plus proche d'Albertacce, village d'origine de l'accusé.

~
 
 
 

Est-ce un combat semblable qui aura failli coûter la vie à César?

S'il survit à ses blessures, le dur quotidien militaire est terminé pour lui. Le 2 mai 1772, il est reçu à l'Hôtel des Invalides de Paris. Le site http://www.hoteldesinvalides.org/ a fait un énorme travail de mise en ligne pour les registres de réception des militaires. Ce précieux document, issu de ces registres, nous apprend que César Coquet (Grivet-Coquet) natif de Donzin (Attignat-Oncin) fut «blessé à l'épaule gauche et jambe droite par deux coup de feu reçus en Corse». Il avait effectué un service de huit ans et six mois.
 
Etat du 2 may 1772, n°103938
  
César retourne donc dans sa région natale et la vie continue! C'est dans la ville de Lyon qu'il s'établira ensuite: le commerce de la soie y est florissant.


À suivre...

Sources:
- Illustrations: troupes françaises en 1769 à Ponte Novu, http://www.corsicatheque.com/
- Hôtel des invalides, http://www.hoteldesinvalides.org/ et recherches de Denise Ray, bénévole
- La Corse pour les Nuls, Thierry Ottaviani 2010
- La Confession d'Andrea Alfonsi (Tranches de Corse, Tranches de vie: destin d'hommes) dans U Ribombu, Jacques Denis

H comme Hôpitaux

9 juin 2014


Je vous ai récemment parlé de mon arrière-arrière-grand-père François Seigle-Buyat. Ses parents Antoine Seigle-Buyat et Joséphine Millat-Carus, cultivateurs de métier, se sont mariés le 25 janvier 1866 à La Bâtie-Divisin (Isère). Ils ont donné naissance à une fratrie de sept garçons: pour deux d'entre eux l'exercice de leur service militaire sera fatal.
 
Claude Seigle-Buyat était le second, étant né le 5 mai 1869 à La Charrière, hameau où vivait la famille. Il effectue son service militaire dès le 13 novembre 1890, date à laquelle il part de Bourgoin pour rejoindre le 9e Régiment de Hussards.

En 1892, le régiment tient garnison à Marseille, dans la caserne Beauvau.


Claude décèdera le 10 juin 1893 (ou le 11 juin selon son acte de décès) à l'hôpital militaire de Marseille, par suites du choléra. Il avait 24 ans.

Delcampe.net

Depuis 1834, plusieurs épidémies de choléra se sont déclarées à Marseille. La maladie ne quittera jamais vraiment la ville, avec cependant des pics de contamination. Le choléra arrive de Nîmes en 1849 et en 1865 il est d'origine afro-arabique: le choléra ravage le pèlerinage de La Mecque et suit le chemin de retour des pèlerins.


Officiers en quarantaine (http://www.sewerhistory.org/)


Désinfection de bagages (http://www.sewerhistory.org/)

Jean Seigle-Buyat est le benjamin de la famille, né le 12 septembre 1885. Le 6 octobre 1906 il rejoint le 10e Régiment de Cuirassiers.


Il décède moins de deux années plus tard, à l'hôpital Desgenettes de Lyon, le 29 avril 1908.

http://collections.bm-lyon.fr

Le convoi funéraire part de la ville le 1er mai en direction de son village d'origine. L'acte de décès sera retranscrit en mairie de La Bâtie-Divisin le 7 juillet suivant. Jean était âgé de 22 années.



  
Sources:
- état-civil de La Bâtie-Divisin et registres matricules militaires sur www.archives-isere.fr 
- archives municipales de Lyon (http://www.fondsenligne.archives-lyon.fr/ac69v2/menu.php)
- http://cavaliers.blindes.free.fr/ 
- Pour les illustrations: http://www.delcampe.nethttp://www.sewerhistory.org/ et la bibliothèque municipale de Lyon
- Les épidémies à Marseille au XIXe siècle (Marc Morillon, Bertrand Mafart), http://www.persee.fr

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