O comme Oran

17 juin 2015

Ultime chapitre algérien pour la famille Durand


(voir l'article B comme Boutlélis)


« Souvenirs de l'Algérie, Province d'Oran » (1856-1857) © ANOM

Jean-Baptiste Durand s'était installé au pays avec son fils homonyme. Le fils avait formulé une demande pour obtenir des terres à Boutlélis, une colonie agricole près d'Oran. La préfecture d'Oran lui rendit réponse le 4 septembre 1854 par ces mots:


~

J'ai l'honneur de vous informer que M. le Ministre de la Guerre vient de me renvoyer la demande de concession à Boutlélis que vous lui avez adressé. J'ai le regret de vous informer que par suite des nombreuses concessions accordées depuis peu à Boutlélis, il ne m'est plus possible de vous accorder une maison dans ce centre.
Si au moyen de vos ressources et par suite de vos projets d'exploitation vous avez l'intention de créer à Boutlélis une exploitation isolée, veuillez m'en informer. Il sera possible alors de vous concéder des terres sur lesquelles vous pourrez construire une ferme.
J'attends votre réponse pour informer le Ministre de la suite qui pourra être donnée à votre affaire.

~

Mais le décès du père va contrecarrer les projets du fils. Une lettre manuscrite de Jean-Baptiste Durand, écrite en 1856, nous en informe:



~

Oran, le 2 janvier 1856

Monsieur le Préfet du département, à Oran

En 1854 j'ai eu l'honneur de vous adresser avec toutes les pièces nécessaires une demande à l'effet d'obtenir la concession d'une maison et d'un lot de culture à Boutlélis. Sur votre proposition, M. le Ministre avait bien voulu faire droit à ma demande. Mais quand la décision vous parvint la seule maison qui se trouvât encore disponible à Boutlélis venait d'être accordée. Pour me dédommager sur une nouvelle proposition erronée de vous, M. le Ministre par dépêche qui m'a été notifiée pour vos bureaux, décida qu'un terrain de 99 hectares me serait accordé.

Cependant, Monsieur le Préfet, la mort de mon père qui survint tout à coup, la douleur de cet événement aussi soudain que pénible, les préoccupations commerciales qui en furent la suite et le règlement d'affaires de famille qui viennent seulement d'être terminées, m'absorbèrent tout entier et m'empêchèrent de poursuivre la solution de ma demande en concession.

Aujourd'hui, Monsieur le Préfet, dégagé de soins aussi graves et désireux de profiter des avantages qui m'ont été accordés par M. le Ministre, j'ai l'honneur de venir vous rappeler ma demande en vous priant de vouloir bien proposer à son Excellence de m'accorder 99 hectares sur les terrains encore disponibles les plus rapprochés du centre de Boutlélis.

Promettez moi d'espérer, Monsieur le Préfet, qu'en raison des motifs qui m'ont forcé de laisser ma demande en suspens, vous serez assez bienveillant pour en faire reprendre l'instruction à un point de vue favorable et en proposer la solution à mon avantage.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'hommage de mon profond respect.

Votre trés humble et très obéissant serviteur.

Durand

~

Je ne connais pas les suites exactes de cette correspondance de mon aïeul. Mais il dû surement abandonner son projet puisque trois ans plus tard, il est de retour en France où il épouse mon aïeule Marie-Véronique Jayet. Les époux s'établiront à nouveau à Bilieu, lieu de résidence de la famille avant leur départ pour l'Algérie.


Mariage de Jean-Baptiste Durand et Marie-Véronique Jayet, 30 avril 1859
Archives départementales de l'Isère


Source: ANOM, recherches faites par les bénévoles du Fil d'Ariane, merci à eux !

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

À propos

» Pour en savoir plus à propos de ce blog et de l'auteur... [Lire]

Twitter

Facebook

Fourni par Blogger.