T comme Testament

23 juin 2015


Testament d'Ennemond Perraud rédigé en 1741 à l'île de Saint-Domingue.


Par devant moi, maître Bonniel, notaire au siège royal de Saint-Marc, en l'île de Saint-Domingue et résidant au quartier de l'Artibonite, le huitième avril 1741 avant midi, est comparu sieur Ennemond Perraud, économe de l'habitation de sieur Claude Bidonne, habitant au dit quartier de l'Artibonite, dans la paroisse Notre-Dame des Verrettes et fils de feu sieur Joseph Perraud et demoiselle Anne Bérard, natif de La Côte-Saint-André, en Dauphiné, diocèse de Vienne et âgé d'environ 35 ans. Le dit Ennemond étant au lit, malade, dans un des cabinets du côté ouest de la maison principale de sieur Bidonne, mais toutefois sein d'esprit, mémoire, jugement et entendement, lequel a dicté son testament afin de disposer du peu de biens qu'il a plu à Dieu de lui donner.

Premièrement il recommande son âme à Dieu, le Père Tout Puissant, le suppliant par sa divine bonté de lui faire miséricorde et de la placer au rang des bienheureux. Il demande à son exécuteur testamentaire plus bas nommé de régler ses dettes et réparer ses torts, s'il y en a à réparer.

Il donne et lègue les esclaves listés ci dessous, à ses cinq enfants naturels nommés Marie, Pierre, Justine, Marthe et Jean-François, enfants mulâtres issus de lui et de la nommée Bibiane, négresse esclave au dit sieur Bidonne, tous enfants libres par la volonté du dit Bidonne et de Marie Saunier, son épouse, à savoir:

  • La Fortune, de nation Cotocoli
  • Mataquin et Navoine, de nation Liamba
  • Lisette, de nation Cauga et ses deux enfants, négrillon et négritte
  • Marie-Anne, nation Cauga

Tous les nègres listés ci dessus, au nombre de cinq grands et deux petits, sont étampés 'Perraud' sur le sein droit à l'exception du nommé La Fortune, qui est étampé 'Bidonne' sur le sein gauche, car le sieur Perraud avait utilisé la dite marque lorsqu'il n'avait pas encore d'étampe propre. Si l'un de ses enfants mulâtres venait à mourir, les sept têtes de nègres seront réversibles en part égale à ceux qui resteront.

Il lègue à son frère Jean-Baptiste, résidant à La Côte-Saint-André, les biens meubles et immeubles issus de la succession de leur défunt père Joseph Perraud, pour la bonne amitié que son frère lui a toujours portée. Le surplus de tout ses biens, il le lègue à Marie Saunier, épouse de sieur Bidonne, pour lui donner des marques de son respectueux attachement.

Il nomme et institue pour exécuter son testament le sieur Jacques Payer, capitaine de milices et habitant également au quartier de l'Artibonite, en le priant très instamment d'accepter cette commission. Le tout fait en présence de Jacques-Philippe Lafond, chirurgien et de François-Laurent de Mépieu, actuellement économe de l'habitation de Claude Bidonne, tous résidant au dit lieu de l'Artibonite.



Source: Archives historiques de l'évêché de Grenoble-Vienne
Illustrations: collections John C.B.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

À propos

» Pour en savoir plus à propos de ce blog et de l'auteur... [Lire]

Twitter

Facebook

Fourni par Blogger.