Vivre en bon voisinage

26 août 2015

Loin de l'aisance que connaissait sa belle-sœur Anne, nous avons vu que mon aïeul Pierre Cuaz affrontait quelques difficultés financières. (voir l'article: Le fond Angleys)


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Année 1701: depuis plusieurs mois Georges Foche, voisin de Pierre Cuaz, lui réclame de l'argent. Les dettes étaient ainsi composées:
  • 100 livres et 18 sols que Pierre devait déjà à Benoit Foche, le père de Georges, depuis 1693,
  • 137 livres et 12 sols dues par une obligation signée en mars 1694,
  • et 29 livres d'après une autre obligation contractée en juillet 1696.


Georges Foche obtint de la chancellerie du Dauphiné et du juge du comté de Clermont des commandements et des demandes de paiement adressés à Pierre Cuaz. Mais chaque demande était suivie de contestations de la part du débiteur. Le 5 février 1700, Françoise Humbert, l'épouse de Pierre, obtient d'engager quelques uns de ses droits dotaux pour payer une partie des dettes, mais ce n'est pas suffisant...



Le 13 juin de l'an 1701, tous se présentent devant le notaire du village, maître Poncin. Les époux Cuaz demandèrent alors au sieur Foche de bien vouloir «cesser ses poursuites et de vouloir leur faire quelque rabais et grâce». Foche accepte «pour montrer qu'il veut vivre en bon voisin» et «se départ de toutes ses poursuites et réduit pour faire plaisir aux dits mariés tout ce qui lui peut être dû [...] à la somme de 250 livres, grâce faites du surplus». Soit une remise de 16 livres: Georges était un voisin généreux !

Mais les Cuaz ne peuvent pas lui payer les 250 livres. Ils lui vendent alors des biens qu'ils possèdent à La Bâtie-Divisin: trois journaux et demi de terre au lieu-dit Crozat, ainsi qu'un journal de terre au lieu-dit La Pieulieuza.

Cet arrangement est conclu avec deux conditions. Premièrement, les époux Cuaz pourront recueillir «la prise qui est à présent pendante par racine dans la terre de La Pieulieuza». Ils préservent ainsi le droit de récolter leur terre une dernière fois. Ils pourront également racheter leurs terres au sieur Foche, sous un délai de dix ans, si les époux payent les 250 livres qu'ils devaient.

Tous les voisins ne devaient pas être aussi arrangeant que le sieur Foche. Heureusement pour mes aïeux ! Il semble en effet que la situation financière des époux Cuaz était peu enviable. Françoise Humbert n'eut qu'une maigre part sur les biens de son père Jean. C'est sa sœur aînée Anne qui hérita de la majorité des biens familiaux (voir chapitre [2]et qui les transmit à la famille de son époux, Modeste Novel (notamment une propriété agricole et une tuilerie aux Abrets, hameau de La Bruyère).

Source: AD de l'Isère, fond Angleys (268J)


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Tous cousins, déjà au XVIIIe siècle !

Françoise Humbert savait-elle alors que son créancier Georges Foche était son proche parent?

Car une chose m'interpella lors de la découverte des archives concernant les sœurs Anne et Françoise Humbert... Après le décès de leur père Jean Humbert en 1680, elle furent placées sous la tutelle de leur grand-père Noël Humbert, veuf de Guillaumaz Bouvier-Lapierre. Et un dénommé Léonard Bouvier-Lapierre, qualifié de cousin germain de Jean Humbert avait été présent lors de la procédure de mise sous tutelle.

Je connaissais également bien la famille de Georges Foche, le créancier de mon aïeule, puisque sa sœur Marguerite était mon ancêtre à la 10e génération. Ils étaient les enfants de Benoit Foche, marchand et de Jeanne Bouvier-Lapierre. Et le même Léonard Bouvier-Lapierre se retrouvait présent lors des baptêmes de leurs enfants, notamment à La Bâtie-Divisin en 1675.


Baptême de Marie Foche, son parrain fut Léonard Bouvier-Lapierre (1675)

source: archives-isere.fr


Les familles Humbert et Foche sont donc toutes deux alliées à la famille Bouvier-Lapierre. Françoise Humbert était peut-être même la proche cousine de son créancier Georges Foche.





  2 commentaires:

  1. Bonjour Michaël,

    Dans mon arbre, j'ai Jacques HUMBERT x je ne sais où et quand avec Benoîte CUAZ PERROLIN (née peut être 1674 La Bâtie-Divisin fa Claude et Jeanne THONIEL) dont Charles, notre ancêtre, marié 1723 Fitilieu Jeanne SERVAGE.

    Si vous les croisez dans le fonds Angleys ou ailleurs, merci de penser à moi. Geneanet pierreboiton mail pierreboiton.genealogie@gmail.com

    Meilleures salutations

    Pierre BOITON
    F 45430 MARDIÉ

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    Réponses
    1. Bonjour,

      Je n'ai pas trouvé de mention de ce couple dans le fond Angleys. Peut-être Jacques Humbert est -il tout de même allié à cette famille. Si cela peut vous aider, les informations que j'ai rassemblées sur cette famille Humbert sont livrées ici: http://www.genealogie-histoiresdauphine.fr/2015/08/dans-lintimite-dune-famille-au-xviie.html

      Merci pour votre visite.
      Cordialement.
      Mickaël

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