L'utilité d'une dispense de consanguinité

6 oct. 2015

Le 5 mai 1669 à Vienne, paroisse Saint-André-le-Haut, s'unissent en légitime mariage Thomas Prunelle, avocat et Marie Bertrand. Les époux, pour accomplir cette union, ont obtenue une dispense du troisième degré de consanguinité du vice-légat d'Avignon. Cela signifiait que Thomas et Marie avaient un arrière grand-parent en commun et que pour se marier, ils avaient obtenue la permission de l'Église.


Cette mention de dispense attira mon attention: l'épouse Marie Bertrand était la sœur de mon ancêtre Huguette Bertrand (sosa n°3515). Huguette épousa en 1667 François Bérard, lui aussi avocat à la cour du bailliage de Vienne et premier consul de la ville en 1690. Je ne connaissais jusqu'alors que le nom de leurs parents: ils se nommaient Étienne Bertrand et Marthe Millias. Mais cette dispense pouvait peut-être me permettre d'en savoir plus sur cette famille...

Charte de mariage entre Thomas Prunelle et Marie Bertrand
source: AD Rhône (fond Prunelle)

Faute de retrouver la dite dispense aux archives départementales de l'Isère, j'ai découvert que la famille de l'époux possédait son propre fond aux archives départementales du Rhône, le fond Prunelle (côté 7J):

« La famille Prunelle est de souche dauphinoise: le berceau de la famille semble être Saint-André-le-Haut, dans l’actuel département de l’Isère. On voit également différents membres de la famille agir à Vienne, ou encore à La Tour-du-Pin. À l’origine, la famille est issue de la bourgeoisie locale, ses membres se distinguent par leurs carrières: les Prunelle sont des juristes. Le premier que nous connaissions, Melchior Prunelle, est avocat. Son fils Arnaud (1605- 1668) et son petit-fils Thomas (1638-1704) perpétuent la tradition familiale: ils sont tous les deux avocats au bailliage de Vienne. On sait aussi qu’un certain Jean Prunelle est notaire royal à La Tour-du-Pin. Le fonds met surtout en avant des membres particuliers du lignage: Pierre Prunelle et ses fils. Pierre Prunelle (1682-1746) est à l’origine de l’ascension sociale familiale: c’est du moins à sa génération que la famille s’anoblit. »
source: fond Prunelle, répertoire numérique


Les registres paroissiaux de la ville de Vienne (Isère) confirment ces informations. La famille était établie dans la paroisse de Saint-André-le-Haut. Thomas Prunelle y fut baptisé le 6 avril 1638 et était le fils d'Arnaud et de Françoise Vanin. Arnaud Prunelle était quant à lui le fils de Melchior et d'Anne Guillot, il fut baptisé le 5 avril 1605 et est décédé en 1668. Ils étaient tous avocats.

Melchior Prunelle et Anne Guillot (les grands-parents de Thomas) avaient conclu un contrat de mariage le 24 octobre 1593 devant maître Granjou, à Condrieu (Rhône). C'était un document riche en informations. L'épouse, originaire de Condrieu, était la fille de noble Étienne Guillot et de défunte Charlotte Mayoud. Melchior, l'époux, était originaire de La Tour-du-Pin et vivait comme avocat à la cour du bailliage de Vienne. Il était le fils de Jean Prunelle, notaire à La Tour-du-Pin. Jean Rulat son aïeul maternel, ainsi que ses oncles Melchior Rulat, avocat au parlement du Dauphiné à Grenoble et Alexandre Naturel, étaient tous les trois présents à la rédaction du contrat.

Charte de mariage entre Melchior Prunelle et Anne Guillot
source: AD Rhône (fond Prunelle)

J'avais ainsi reconstitué l'ascendance de Thomas Prunelle et il me restait désormais à trouver un lien avec la famille de Marie Bertrand.


Étienne Bertrand, le père de Marie et Huguette, était également avocat à Vienne. En 1649 il est cité comme lieutenant de l’archevêque, Pierre de Villars. Entre 1654 et 1657, il est mentionné comme juge archiépiscopal de la ville de Vienne. Étienne sera inhumé dans l'église des Pères Carmes le 11 août 1675 et son épouse Marthe sera inhumée au même lieu le 21 avril 1678. Une recherche sur Geneanet m'a alors orienté vers La Tour-du-Pin, où les patronymes Bertrand et Millias sont fréquents...

Vienne, Saint-André-le-Bas

photographie personnelle

Bien que les registres paroissiaux de La Tour-du-Pin soient très lacunaires, j'y ai trouvé la trace du couple et la réponse à mon interrogation: sieur Étienne Bertrand, avocat, est le parrain de Françoise Millias, fille de Symphorien et Benoite Garnier, le 30 octobre 1633. Marthe Millias, épouse de maître Bertrand, est marraine le 12 avril 1638 de la petite Marthe, également fille de Symphorien Millias.

Symphorien, baptisé le 10 juin 1607, est le fils de Léonard Millias, bourgeois de La Tour-du-Pin et de Jeanne Prunelle. Marthe Millias, épouse d'Étienne Bertrand, est également leur fille, baptisée le 13 juin 1610, elle eut comme marraine Marthe Rulat, sa grand-mère, qui lui transmit son prénom.



Sources:
- schémas créés avec yED
- Archives départementales de l'Isère (registres paroissiaux de Vienne et de La Tour-du-Pin)
- Archives départementales du Rhône (fond Prunelle et Insinuations de la sénéchaussée)
- Relevés du Centre généalogique du Dauphiné

  3 commentaires:

  1. Bonjour,

    Tout d'abord, bravo pour votre article et pour votre enquête. C'est très intéressant à lire. D'autant plus intéressant que je viens du coup de découvrir que nous sommes cousins ! En effet, je descends de Marthe Millias, celle dont votre ancêtre fut la marraine, qui épousa Michel Dumolard. Comme quoi le monde (en tout cas le Dauphiné) est petit.

    Bien cordialement,
    Thomas, de Sacrés Ancêtres!

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    1. Merci ! Incroyable, oui il faut croire que le Dauphiné est petit. Avez-vous trouvé les actes de mariage et sépulture de Marthe Millias épouse Dumolard? Je serais ravi de partager avec vous mes dernières trouvailles sur cette famille.
      Mickaël

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    2. Bonjour,

      Vous trouverez mon email sur mon profil Geneanet (tspinosa) ou sur Sacrés Ancêtres! dans la rubrique contact. Je pense que ce sera plus pratique pour échanger.
      Bien à vous,
      Cordialement,
      Thomas Spinosa

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