V comme Vache

25 juin 2015




François Revol est maître apothicaire et habite au Pont-de-Beauvoisin. Il possède des biens à La Bâtie-Divisin, une paroisse toute proche séparée par le village de Pressins.


François a justement appris que plusieurs paroissiens de La Bâtie-Divisin, profitant de son éloignement, menaient paître quotidiennement leur bétail sur les terres qui lui appartiennent. En ce 24 avril 1694 après midi, à l'heure idéale pour faire paître les bestiaux, notre homme se rend sur sa terre appelée Pré Capitan, d'une contenance de quatre sestérées, à La Bâtie-Divisin.



Il surprend sur son pré Madeleine Guttin, faisant paître la vache et la génisse âgée d'un an qui appartiennent à son neveu René Guttin.

François saisit alors les bestiaux des mains de Madeleine et les conduisit aux prisons du village de Pressins. Voulant être en règle avec les arrêts de la province, il fait la déclaration de sa saisie au juge du comté de Clermont. François réclama également au juge le droit de vendre la vache et la génisse au marché le plus proche, avant de devoir supporter des frais de geôle trop importants.

Le 1er mai 1694 François obtiendra du juge du comté de Clermont la permission de vendre la vache et la génisse qu'il avait saisi sur ses terres.

~


Source: Fond Angleys, Archives départementales de l'Isère (268J), illustration: france-pittoresque.com

T comme Testament

23 juin 2015


Testament d'Ennemond Perraud rédigé en 1741 à l'île de Saint-Domingue.


Par devant moi, maître Bonniel, notaire au siège royal de Saint-Marc, en l'île de Saint-Domingue et résidant au quartier de l'Artibonite, le huitième avril 1741 avant midi, est comparu sieur Ennemond Perraud, économe de l'habitation de sieur Claude Bidonne, habitant au dit quartier de l'Artibonite, dans la paroisse Notre-Dame des Verrettes et fils de feu sieur Joseph Perraud et demoiselle Anne Bérard, natif de La Côte-Saint-André, en Dauphiné, diocèse de Vienne et âgé d'environ 35 ans. Le dit Ennemond étant au lit, malade, dans un des cabinets du côté ouest de la maison principale de sieur Bidonne, mais toutefois sein d'esprit, mémoire, jugement et entendement, lequel a dicté son testament afin de disposer du peu de biens qu'il a plu à Dieu de lui donner.

Premièrement il recommande son âme à Dieu, le Père Tout Puissant, le suppliant par sa divine bonté de lui faire miséricorde et de la placer au rang des bienheureux. Il demande à son exécuteur testamentaire plus bas nommé de régler ses dettes et réparer ses torts, s'il y en a à réparer.

Il donne et lègue les esclaves listés ci dessous, à ses cinq enfants naturels nommés Marie, Pierre, Justine, Marthe et Jean-François, enfants mulâtres issus de lui et de la nommée Bibiane, négresse esclave au dit sieur Bidonne, tous enfants libres par la volonté du dit Bidonne et de Marie Saunier, son épouse, à savoir:

  • La Fortune, de nation Cotocoli
  • Mataquin et Navoine, de nation Liamba
  • Lisette, de nation Cauga et ses deux enfants, négrillon et négritte
  • Marie-Anne, nation Cauga

Tous les nègres listés ci dessus, au nombre de cinq grands et deux petits, sont étampés 'Perraud' sur le sein droit à l'exception du nommé La Fortune, qui est étampé 'Bidonne' sur le sein gauche, car le sieur Perraud avait utilisé la dite marque lorsqu'il n'avait pas encore d'étampe propre. Si l'un de ses enfants mulâtres venait à mourir, les sept têtes de nègres seront réversibles en part égale à ceux qui resteront.

Il lègue à son frère Jean-Baptiste, résidant à La Côte-Saint-André, les biens meubles et immeubles issus de la succession de leur défunt père Joseph Perraud, pour la bonne amitié que son frère lui a toujours portée. Le surplus de tout ses biens, il le lègue à Marie Saunier, épouse de sieur Bidonne, pour lui donner des marques de son respectueux attachement.

Il nomme et institue pour exécuter son testament le sieur Jacques Payer, capitaine de milices et habitant également au quartier de l'Artibonite, en le priant très instamment d'accepter cette commission. Le tout fait en présence de Jacques-Philippe Lafond, chirurgien et de François-Laurent de Mépieu, actuellement économe de l'habitation de Claude Bidonne, tous résidant au dit lieu de l'Artibonite.



Source: Archives historiques de l'évêché de Grenoble-Vienne
Illustrations: collections John C.B.

S comme Saint-Domingue

22 juin 2015

Ennemond Perraud, né aux alentours de 1706, est le fils de Joseph Perraud et d'Anne Bérard mariés le 7 février 1694 à Vienne (Dauphiné) en la paroisse Saint-André-le-Haut. Ennemond est ainsi le petit-fils de François Bérard, avocat à la cour de Vienne puis premier consul de cette ville en 1690 et de son épouse Huguette Bertrand, qui sont mes ancêtres à la 11e génération. Les membres de la famille Perraud furent quant à eux des bourgeois de La Côte-Saint-André.


Mariage des parents d'Ennemond, Joseph Perraud et Anne Bérard, 1694


C'est au hasard de mes recherches que j'ai trouvé des indices sur la vie d'Ennemond, en consultant le répertoire des archives communales de La Côte-Saint-André conservé aux Archives Départementales de l'Isère (côté 4E80). Dans ce répertoire est cité le testament d'Ennemond Perraud, natif de La Côte-Saint-André et économe de sieur Claude Bidonne, rédigé en 1741 à l'île de Saint-Domingue et conservé aux Archives de l’Évêché de Grenoble-Vienne (côte 5Z1/168). Il ne m'en fallait pas plus pour prendre rendez-vous auprès des archives de l’Évêché et consulter le testament en question...

Le document est conservé dans le fond des familles Bon et Pautrieu, des familles notables de Poliénas et de l'Albenc, deux communes situées à quelques 35 kilomètres de La Côte-Saint-André. Quel est le lien entre ces familles et celle d'Ennemond? Étaient-elles liées par mariage, par des affaires communes? Beaucoup de questions restent à résoudre.


Extrait d'une "carte de la partie française de Saint Domingue", 1789 (Gallica)


Des recherches dans les archives numérisées des ANOM (Archives Nationales d'Outre-Mer) m'ont cependant apportées des éléments de réponses. Sachant qu'Ennemond était l'économe de la plantation de Claude Bidonne, je me suis aussi intéressé à cette famille. Elle s'était établie dans la paroisse des Verrettes, à quelques lieues de Saint-Marc et à l'ouest de Saint-Domingue.

C'est en effet dans cette paroisse, Les Verrettes, que j'ai retrouvé l'acte de sépulture d'Ennemond en 1741.



Sépulture d'Emond Perot, 1741



" Le dix-huit avril de l'année mil sept cent quarante un a été enterré dans le cimetière de cette paroisse par moy curé soussigné le nommé Emond Perot économe de madame Bidone natif du bourg de La Coste St André province du Dauphiné, evesché de Vienne, après avoir reçu tous les sacrements et donné les marques d'un véritable chrétien. En foy de quoy j'ai signé le jour et an que dessus. "



Sources: ANOM, registres paroissiaux de Saint-Domingue, Archives historiques de l'évêché de Grenoble-Vienne et Archives Départementales de l'Isère

P comme Pionniers

18 juin 2015

Dernier chapitre de la vie de François Rullet, dauphinois originaire des Abrets (Isère) et partit pour le Québec en 1750. 


Jean-Baptiste Morin, fils de Joseph épouse Charlotte Rulé, fille de François

Charlotte, la fille de François, épousa à l'âge de 15 ans le 1er juin 1772 à Saint-Laurent, Jean-Baptiste Morin. La famille Rullet est désormais installée près de Montréal depuis plusieurs années.

Leur fille nommée Marie-Archange Morin est baptisée le 17 janvier 1776 et Charlotte décède le 31 janvier suivant, sans doute des suites de l'accouchement: elle avait alors un peu moins de 18 ans et était déjà mère de trois enfants !


Tutelle des enfants mineurs de feu Charlotte Desabray et de Jean Baptiste Morin

Suite au décès de sa fille, François fut nommé tuteur de ses petits-enfants, par décision du juge de la cour des prérogatives de Montréal.

Le 22 mars 1778, devant la même cour, il demande l'autorisation de vendre une terre au nom de ses petits-enfants. Le bien est situé à Saint-Laurent et doit servir à régler des dettes à la charge des enfants mineurs. L'acte précise que la terre est d'une contenance de 3 arpents de fond sur 23 arpents de profondeur et que des bâtiments sont construits dessus.


Travail agricole en Nouvelle-France, fin XVIIIe siècle



Cet acte nous prouve que la famille possédait des terres cultivables, qu'elle vivait des récoltes et de leur vente. L'île de Montréal était considéré comme le jardin de la Nouvelle-France. L'avoine, le blé, le chanvre, le lin et le tabac y étaient cultivés. On trouvait également une grande variété de fruits.


Exemples de bâtiments qui voyageaient entre la France et le Québec au XVIIIe siècle


Protégés des crises que connaissait la France et qui provoqueraient la Révolution, pour les pionniers venus chercher une nouvelle vie, la terre était généreuse dans le Nouveau-Monde.



Alentours de la ville de Montréal



Sources:
- Registres paroissiaux de La Bâtie-Divisin, Archives Départementales de l'Isère
- Archives en ligne du Québec, FamilySearch.org
Bibliothèque et archives nationales du Québec et banque de données Pistard
- Passerelle pour l'histoire militaire canadienne, www.cmhg-phmc.gc.ca
Listes des navires venus en Nouvelle-France sur le site: http://naviresnouvellefrance.net/

O comme Oran

17 juin 2015

Ultime chapitre algérien pour la famille Durand


(voir l'article B comme Boutlélis)


« Souvenirs de l'Algérie, Province d'Oran » (1856-1857) © ANOM

Jean-Baptiste Durand s'était installé au pays avec son fils homonyme. Le fils avait formulé une demande pour obtenir des terres à Boutlélis, une colonie agricole près d'Oran. La préfecture d'Oran lui rendit réponse le 4 septembre 1854 par ces mots:


~

J'ai l'honneur de vous informer que M. le Ministre de la Guerre vient de me renvoyer la demande de concession à Boutlélis que vous lui avez adressé. J'ai le regret de vous informer que par suite des nombreuses concessions accordées depuis peu à Boutlélis, il ne m'est plus possible de vous accorder une maison dans ce centre.
Si au moyen de vos ressources et par suite de vos projets d'exploitation vous avez l'intention de créer à Boutlélis une exploitation isolée, veuillez m'en informer. Il sera possible alors de vous concéder des terres sur lesquelles vous pourrez construire une ferme.
J'attends votre réponse pour informer le Ministre de la suite qui pourra être donnée à votre affaire.

~

Mais le décès du père va contrecarrer les projets du fils. Une lettre manuscrite de Jean-Baptiste Durand, écrite en 1856, nous en informe:



~

Oran, le 2 janvier 1856

Monsieur le Préfet du département, à Oran

En 1854 j'ai eu l'honneur de vous adresser avec toutes les pièces nécessaires une demande à l'effet d'obtenir la concession d'une maison et d'un lot de culture à Boutlélis. Sur votre proposition, M. le Ministre avait bien voulu faire droit à ma demande. Mais quand la décision vous parvint la seule maison qui se trouvât encore disponible à Boutlélis venait d'être accordée. Pour me dédommager sur une nouvelle proposition erronée de vous, M. le Ministre par dépêche qui m'a été notifiée pour vos bureaux, décida qu'un terrain de 99 hectares me serait accordé.

Cependant, Monsieur le Préfet, la mort de mon père qui survint tout à coup, la douleur de cet événement aussi soudain que pénible, les préoccupations commerciales qui en furent la suite et le règlement d'affaires de famille qui viennent seulement d'être terminées, m'absorbèrent tout entier et m'empêchèrent de poursuivre la solution de ma demande en concession.

Aujourd'hui, Monsieur le Préfet, dégagé de soins aussi graves et désireux de profiter des avantages qui m'ont été accordés par M. le Ministre, j'ai l'honneur de venir vous rappeler ma demande en vous priant de vouloir bien proposer à son Excellence de m'accorder 99 hectares sur les terrains encore disponibles les plus rapprochés du centre de Boutlélis.

Promettez moi d'espérer, Monsieur le Préfet, qu'en raison des motifs qui m'ont forcé de laisser ma demande en suspens, vous serez assez bienveillant pour en faire reprendre l'instruction à un point de vue favorable et en proposer la solution à mon avantage.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'hommage de mon profond respect.

Votre trés humble et très obéissant serviteur.

Durand

~

Je ne connais pas les suites exactes de cette correspondance de mon aïeul. Mais il dû surement abandonner son projet puisque trois ans plus tard, il est de retour en France où il épouse mon aïeule Marie-Véronique Jayet. Les époux s'établiront à nouveau à Bilieu, lieu de résidence de la famille avant leur départ pour l'Algérie.


Mariage de Jean-Baptiste Durand et Marie-Véronique Jayet, 30 avril 1859
Archives départementales de l'Isère


Source: ANOM, recherches faites par les bénévoles du Fil d'Ariane, merci à eux !

N comme Naviguer

16 juin 2015


Traversée de l'Atlantique au XVIIIe siècle

Nouvelle recrue au service de la Marine, François Rullet rejoint ses semblables à Rochefort, où il embarque pour Bordeaux le 23 mars 1750. De Bordeaux, il partira pour la ville de Québec le 28 mars sur le navire nommé La Marie Brunette.

Seconde Partie de la Ville et du Port de Bordeaux, 1770


Puis le 2 juillet 1750, François se trouve à l'hôpital de Québec, à l'Hôtel Dieu. Il est mentionné dans les "registres des malades" admis dans cet hospice. Il est fort possible que notre homme ait contracté une maladie durant la traversée de l'Atlantique, qui pouvait durer près de deux mois.

Pour rejoindre le nouveau continent, les voyageurs étaient soumis à toutes sortes de maux tels que le mal de mer, les poux, le scorbut, la vérole... La nourriture, le bétail, les marchandises et les passagers étaient entassés de manière à ne pas gaspiller l'espace disponible sur le navire. Le manque d'hygiène était un réel facteur de maladie.

Sur le bateau, on ne se lavait jamais! Il ne fallait pas gaspiller l'eau, transportée dans des tonneaux de bois. Et l'eau ainsi que la nourriture venaient souvent à manquer, gâtées par l'humidité et les maladies. Si les vents n'étaient pas favorables, la traversées pouvait s'éterniser jusqu'à plus de deux mois. Beaucoup ont ainsi laissé leur vie en voulant rejoindre une nouvelle vie, dans le Nouveau-Monde.



Sources:
Fichier Origine
Bibliothèque et archives nationales du Québec et banque de données Pistard
- Passerelle pour l'histoire militaire canadienne, www.cmhg-phmc.gc.ca
- www.militaryheritage.com
- Société de généalogie de Québec, www.sgq.qc.ca
Listes des navires venus en Nouvelle-France sur le site: http://naviresnouvellefrance.net/
Les soldats des troupes de la Marine en Nouvelle-France durant la décennie 1750, http://www.cfqlmc.org
- http://www.unicaen.fr

M comme Marine

15 juin 2015


Lors de son arrivée dans le Nouveau-Monde notre dauphinois (devenu québécois), François Rullet, est qualifié de soldat des troupes de la Marine...


La Nouvelle-France vers 1745


A cette époque, de nombreux hommes s’enrôlaient dans les troupes qui partaient assurer la sécurité dans les colonies du royaume. Sans doute François a t-il croisé la route d'un recruteur qui sillonnait la France à la recherche de jeunes futurs soldats. Contrairement à l'armée régulière française, divisée en régiments, les troupes de la Marine étaient divisées en compagnies indépendantes.


Soldats et officiers des compagnies franches de la Marine, vers 1745
Banque d'images en univers social

En 1750 il y avait ainsi près de 1700 soldats de la Marine sur le sol de la Nouvelle-France. La Marine servait également dans les ports et assurait la défense dans les autres colonies. Ces troupes furent pendant longtemps la seule force armée française présente dans le Nouveau-Monde. Le contrat d'engagement d'un soldat était de 6 ans et sa paye de seulement 9 livres par mois, soit une misère !


Soldat de la Marine en Nouvelle-France, vers 1740
 www.cmhg-phmc.gc.ca




La gestion des troupes au Québec faisait l'objet d'une véritable logistique. Dès 1685 on demanda aux habitants de fournir aux soldats: un lit, une paillasse, l'alimentation et une place de choix, devant le feu du foyer de la maison. 

Bien que leur logement fut rudimentaire chez la plupart des habitants (de nombreux soldats dormaient simplement sur la paille), la présence d'un homme en uniforme dans le foyer devait être rassurante. De nombreux soldats se sont mariés et établis au Québec suite à leur service militaire. Ce logement des soldats favorisait sans aucun doute les rencontres et les rapprochements entre les militaires et les jeunes filles du pays. Il est alors possible que François ait rencontré sa jeune épouse de cette manière.


Mode féminine et masculine en vogue en Nouvelle-France, vers 1749
© Musée de la civilisation, Québec

De plus, les soldats qui veulent s'établir dans la colonie perçoivent de l'aide de la part des autorités, toujours à la recherche de nouveaux travailleurs et laboureurs. Ils pouvaient obtenir de nouvelles terres: une pratique devenue impossible en France où les terres étaient transmises par héritage uniquement.

Pour aider au défrichement et à la mise en valeur des terrains, chaque nouveau colon recevait de la nourriture, du matériel agricole et une vache. Et les colons bénéficiaient souvent de l'aide des autres soldats pour bâtir leurs maisons. Les gouverneurs du pays s'assuraient ainsi l'installation comme colons de la plupart des soldats.




Sources:
Fichier Origine
Bibliothèque et archives nationales du Québec et banque de données Pistard
- Passerelle pour l'histoire militaire canadienne, www.cmhg-phmc.gc.ca
- www.militaryheritage.com
- Société de généalogie de Québec, www.sgq.qc.ca
Listes des navires venus en Nouvelle-France sur le site: http://naviresnouvellefrance.net/
Les soldats des troupes de la Marine en Nouvelle-France durant la décennie 1750, http://www.cfqlmc.org
- http://www.unicaen.fr

F comme Famille

6 juin 2015

Vue orientale de Montréal, en Canada, vers 1762. Bibliothèque et archives nationales du Québec, BAnQ



François Rullet est désormais installé au Québec, à Saint-Laurent, où il épouse le 31 mai 1756 Marie-Archange Chabot, âgée d'à peine 15 ans, fille de Jean-Noël Chabot dit Lamare et de Marie-Anne Plouf.

L'acte est rédigé en présence de François Germain et de Joseph Miville, qualifiés d'amis de l'époux. Le couple donnera naissance à - au moins - quatre enfants:

Mariage de François Rullet et Marie-Archange Chabot, 1756

  • François, baptisé le 12 avril 1757 à Saint-Laurent et décédé le 28 du même mois
  • Charlotte Elisabeth, baptisée à Montréal le 10 mars 1758
  • Alexis, baptisé le 18 juillet 1760 et inhumé le 10 août 1774 à Saint-Laurent
  • Jean-Baptiste, baptisé à Montréal le 5 mai 1762.

La patronyme de François va évoluer au fil des registres et le nom de sa paroisse d'origine (Les Abrets) devint un surnom: "des Abrets" deviendra "Désabrais". Ce surnom va parfois remplacer son nom de famille: de Rullet à son arrivée, il passe par Rullé lors de ses noces, puis Rulet ou Rulé dit Désabrais et parfois uniquement Désabrais.


Signature de François lors de son mariage en 1756

Son fils Jean-Baptiste épouse en 1781 Marie Langevin. Cette dernière n'est autre que la petite-fille de Joseph Miville et l'arrière petite-fille de François Germain, qui furent tout les deux témoins lors des noces de François Rullet en 1756.

François Germain est lui aussi originaire de France et désigné comme soldat des troupes de la Marine par le Fichier Origine. Ce n'est donc pas un hasard si leurs enfants se marient, puisqu'ils ont la même origine sociale. Les amitiés créées dans ce nouveau monde devaient avoir une grande importance pour renforcer les liens familiaux.

Liens unissant François Rullet avec François Germain et Joseph Miville 




François Rulé Désabrais décédera le 11 septembre 1798 à Saint-Laurent et fut inhumé le 13. Son épouse Marie-Archange Chabot décédera en 1815.

Décès de François Rullet



Sources:
- Registres paroissiaux de La Bâtie-Divisin, Archives Départementales de l'Isère
- Archives en ligne du Québec, FamilySearch.org
Bibliothèque et archives nationales du Québec et banque de données Pistard
- Passerelle pour l'histoire militaire canadienne, www.cmhg-phmc.gc.ca
Listes des navires venus en Nouvelle-France sur le site: http://naviresnouvellefrance.net/

D comme Désabrais

4 juin 2015


C'est en consultant le Fichier Origine, un index créé par la Fédération Québécoise des Sociétés de Généalogie permettant de retrouver les origines familiales des émigrants établis au Québéc, que j'ai retrouvé un dauphinois ayant fait souche près de Montréal au milieu du XVIIIe siècle.


~


Carte de Cassini, environs de La Bâtie-Divisin



Claude Primard et Marguerite Foche sont mes aïeux à la 10ème génération et vivaient à Recoin, une paroisse de La Bâtie-Divisin située dans la province du Dauphiné, aujourd'hui en Isère. Deux de leurs filles sont mes aïeules directes: Antoinette épouse de Jean Bertet en 1736 et Virginie qui épousa successivement René Morand en 1739 et Joseph Gros en 1747.

Leur sœur aînée, nommée Jeanne Primard, épouse le 8 août 1714 Pierre Rullet de la paroisse voisine des Abrets et c'est leur fils, François Rullet, qui figure dans le Fichier Origine.



Créé avec yEd


François Rullet dit " Désabrais "

L'index du Fichier Origine nous apprend que François Rullet est né vers 1723 dans la paroisse des Abrets, du mariage de Pierre et de Jeanne Primard (parfois orthographié Primat). Mais les registres paroissiaux sont malheureusement manquants pour cette période. François arrive en Nouvelle-France en 1750 comme soldat des troupes de la Marine françaises. Il arrive à Quebec, principal port de débarquement dans la région à cette époque.

La ville de Québec, sans doute telle que l'a vu François lors de son arrivée dans le Nouveau-Monde
Bibliothèque et archives nationales du Québec


~


A la fin de son service dans la Marine, il reste dans le Nouveau-Monde et s'établit à Saint-Laurent. C'est une paroisse voisine de Ville-Marie et les deux villes sont situées sur la même île, Montréal, dont le nom supplantera plus tard la dénomination de Ville-Marie.


Carte de l'Isle de Montréal et de ses environs, 1744



( à suivre ... )




Sources:
- Registres paroissiaux de La Bâtie-Divisin, Archives Départementales de l'Isère
- Archives en ligne du Québec, FamilySearch.org
Bibliothèque et archives nationales du Québec et banque de données Pistard
- Passerelle pour l'histoire militaire canadienne, www.cmhg-phmc.gc.ca
Listes des navires venus en Nouvelle-France sur le site: http://naviresnouvellefrance.net/

C comme Coupables

3 juin 2015


Je vous ai raconté dans un précédent article la saga des curieuses familles Primard et Gros de La Bâtie-Divisin, pour lesquelles je trouvais un nombre important de naissances illégitimes (notamment Françoise en 1729 et Charles en 1761) ou de grossesse rapide (Claude Tardy est né en 1826, à peine un mois après le mariage de ses parents).



Lors de récentes recherches, j'ai retrouvé d'autres naissances illégitimes pour cette famille. Les voici, classées par année:

1775




Le treize juillet mil sept cent soixante et quinze Philippas fille naturelle de Françoise Primard et de Joseph Gros, qui s'est déclaré son père, est décédée et a été enterrée au cimetière de cette paroisse [...]


Joseph Gros fut le second époux de mon ancêtre Virginie Primard, décédée en 1757. Déjà en 1761, il avait reconnu être le père du garçon né de sa relation hors mariage avec Françoise Primard, nièce de Virginie et donc sa propre nièce par alliance !

Jusqu'à aujourd'hui je pensais que cette naissance illégitime était le fruit d'un "accident". Mais le fait de retrouver un deuxième enfant naturel né de leurs ébats me fait désormais remettre en question le terme "accident" !



1815

Le 22 janvier Jacques Gros présente en mairie de La Bâtie-Divisin un enfant né la veille. Jacques, âgé de 34 ans, est le petit-fils de Joseph et Virginie Primard et il est l'époux depuis le 30 prairial de l'an 8 (année 1800) de Marguerite Favier.


Mais le nouveau né, prénommé François, n'est pas issu de son mariage. Il est né de son union charnelle avec Antoinette Gros, sa cousine germaine, âgée de 22 ans. Dans la marge de l'acte de naissance, il est précisé que François Gros est un enfant naturel -certes - mais reconnu.



1817

Le 20 avril se présente dans la même mairie André Gros, cultivateur, fils de Joseph et oncle de Jacques. Il vient présenter au maire de la commune la naissance de son petit-fils, Jacques Gros, né de sa fille Virginie - 22 ans - et d'un père déclaré inconnu.

Inconnu ? Le prénom de l'enfant, Jacques, rappelle fortement celui de Jacques Gros, neveu d'André et cousin germain de Virginie. Ce pourrait-il que celle-ci, comme sa cousine Antoinette deux ans auparavant, ait cédé aux charmes de son cousin? Le mystère restera entier puisque cet enfant ne fut pas reconnu par son père.



Nouvel arbre généalogique des familles Primard et Gros de La Bâtie-Divisin




Dans la famille Primard/Gros, il était donc courant de croiser la route d'enfants illégitimes. Tout autant que de rencontrer des voyageurs. Était-ce pour fuir les scandales familiaux que certains membres de la famille ont décidé de quitter la région? 

Rendez-vous dès demain pour vous raconter la vie de ces aventuriers, avec D comme Désabrais.



Source: Archives en ligne de l'Isère, paroisses de Recoin et La chapelle de Peyrins à La Bâtie-Divisin

B comme Boutlélis

2 juin 2015


L'année dernière, lors du précédent #challengeAZ, je vous ai conté l'histoire de Jean-Baptiste Durand, mon aïeul parti à l'aventure comme colon en Algérie vers 1852. (pour relire l'article, c'est ici)

Jean-Baptiste fut négociant et commerçant mais est décédé le 12 octobre 1854 dans sa maison, située rue Napoléon, à Oran. La petite histoire algérienne de la famille Durand aurait pu s'arrêter là. Mais j'ai récemment découvert grâce aux ANOM (Archives Nationales d'Outre-Mer) qu'il n'était pas parti seul, comme je le croyais.

Il fut suivi par son fils aîné, également nommé Jean-Baptiste, qui en 1854 fit la demande auprès du Ministre de la Guerre d'une concession de terres à Boutlélis. Cette colonie agricole, située à l'ouest d'Oran, possédait un climat propice (sec mais doux) et des ressources en eau suffisantes pour l'établissement de colons et pour l'exploitation du sol.

Voici la lettre adressée par mon aïeul, datée du 27 juillet 1854:






~


Oran, le 27 juillet 1854
Monsieur le Ministre de la Guerre,

J'ai l'honneur de m'adresser à vous à l'effet d'obtenir à Boutlélis (province d'Oran, Algérie) une concession de 20 hectares de terrains, dans laquelle je me propose d'employer les 5.000 francs, fruits de mes économies, que j'ai en portefeuille.
Quoique non marié, mais attendant cette concession pour réaliser cet hymen, j'ose espérer en vous, Monsieur le Ministre, et me plais à croire que bientôt par la voie de la Préfecture, je recevrai votre adhésion complète à une demande aussi digne.
Vous trouverez ci-joint les pièces à l'appui. Daignez croire aux sentiments bien dévoués de votre serviteur.

Durand Jean-Baptiste, Place des Carrières, Oran



Pièces jointes à la lettre:




24 juin 1854
Je soussigné docteur en médecine, traitant à l'hôpital civil St Lazare d'Oran, après avoir visité le sieur Durand Jean-Baptiste, certifie qu'il est d'une forte constitution et qu'il jouit d'une parfaite santé.





26 juin 1854
Nous, maire de la ville d'Oran, certifions que le nommé Durand Jean-Baptiste, âgé de 24 ans, né à Bilieu (Isère) demeurant rue Napoléon, est de bonnes vie et mœurs et n'a jamais été l'objet d'aucune plainte.


Vue de la ville d'Oran, 1839


~



Cette lettre écrite de sa propre main, d'une très belle écriture, nous apprend que Jean-Baptiste (fils) prévoyait de se marier et de bâtir une ferme à Boutlélis, sans doute dans le but de vendre les récoltes en métropole. Etant en parfaite santé et de bonnes mœurs, il comptait bien s'établir dans la colonie algérienne.


Mais comme vous le savez désormais, Jean-Baptiste (le père) décède cette même année 1854 et son fils ne pourra jamais réaliser son hymen.




Sources: 
ANOM, recherches faites par les bénévoles du Fil d'Ariane, merci à eux !
Persee.fr , Les débuts de la colonisation dans le Sahel d'Oran et dans la plaine de la Sebkha

A comme Aventuriers

1 juin 2015

Nous avons tendance à considérer que nos ancêtres se déplaçaient peu aux temps jadis...



Si dans la plupart des cas nos pères épousaient des jeunes filles des villages voisins, il arrivait cependant que certains aient le goût des voyages et de la découverte de terres nouvelles.



Cette année encore, j'ai choisi de participer au #challengeAZ de Sophie Boudarel, avec justement pour thème les péripéties d'ancêtres ou de cousins plus aventuriers que les autres. 

Je vous propose de voyager, durant tout ce mois juin, dans le Nouveau-Monde du XVIIIe siècle, en Nouvelle-France plus exactement, ainsi que dans les anciennes colonies françaises des XVIIe-XIXe siècles. 


Mes articles suivront ce thème et seront publiés en suivant les lettres de l'alphabet. Aujourd'hui, c'était la lettre A. Rendez-vous demain avec B comme... Boutlélis.




Images extraites de Gallica, Mappe-monde ou carte générale de la terre et des mers, XVIIIe siècle

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