Joseph Coche au bagne de Guyane

15 avr. 2016


Joseph Coche est né le 21 avril 1838 à La Côte-Saint-André du mariage d'autre Joseph Coche et de Marianne Savignon, cultivateurs au hameau de Poulardière. Sa mère, décédée le 10 septembre 1856, était la sœur de Claude Savignon mon ancêtre à la 6e génération. Son père décède le 29 décembre 1860 à l'âge de cinquante trois ans. 

Joseph effectue son service militaire à Lyon dans le 15e Régiment d'Artillerie. Il y fut incorporé le 12 juin 1859 dans la 2e puis la 9e batterie, comme canonnier. L'état signalétique et de services dressé lors de son incorporation nous livre sa description physique: il mesure 1m72, a le visage ovale, le nez long, le front découvert, le menton rond, une bouche de taille moyenne, les yeux gris, les cheveux et les sourcils châtains.




Il n'est pas un parfait petit soldat. Son dossier nous livre des anecdotes concernant son service car il reçut deux punitions de ses supérieurs, en l'espace d'une année:
  • La première fois le 12 juin 1860, où il a manqué toute la journée à son service et a découché. Ce qui lui valut 8 jours de prison.
  • La seconde punition le 1er novembre 1860, où il n'avait pas ses effets lors de la revue des troupes. Le chef de pièce le punit de 9 jours de consigne.
extrait d'une aquarelle d'Auguste de Moltzheim, fin XIXe siècle
Régiment d'artillerie - Brigadiers et canonniers

Cela ne semblait pas lui suffire car le 15 décembre 1860, alors qu'il se trouve à l'arsenal de Lyon, il vole par effraction la somme de 250 francs au comptable de l'établissement. Ce crime lui valut d'être jugé par le Conseil de Guerre et de recevoir une sévère punition.





2e Conseil de Guerre Permanent
8e division militaire, n°7786 d'ordre de jugement

Jugement

Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, Empereur des Français, à tous présents et à venir, Salut. Le conseil de guerre permanent de la 8e division militaire, séant à Lyon, a rendu le jugement suivant:

Aujourd'hui 10 janvier 1861, le conseil de guerre permanent de la 8e division militaire séant à Lyon, ouï le commissaire impérial dans ses réquisitions et ses conclusions, a déclaré le nommé Coche Joseph, 2e canonnier servant au 15e Régiment d'Artillerie, à l'unanimité, coupable d'avoir le 15 décembre dernier à l'arsenal de Lyon où il était employé, soustrait frauduleusement une somme de 250 francs renfermée dans le tiroir d'une table servant de bureau au comptable du dit établissement, vol commis dans une maison habitée, à l'aide d'escalade et d'effraction intérieure.

En conséquence, le dit conseil condamne à l'unanimité le nommé Coche Joseph, sur qualifié, à la peine de 10 ans de travaux forcés et à la dégradation conformément aux articles 384, 381, 19 du code pénal, 267, 159 du code de justice militaire. Et vu l'article 139 du code de justice militaire, le conseil condamne le dit Coche Joseph à rembourser, sur ses biens présents et à venir, au profit du Trésor Public, le montant des frais du procès.

Jugement exécutoire de condamnation confirmé par le conseil de révision le 23 janvier 1861 et rendu exécutoire par suite de la dégradation le 26 janvier 1861.





Joseph Coche est condamné à 10 ans de travaux forcés et envoyé en 1861 au bagne de Guyane, à Saint-Laurent-du-Maroni. Il a alors 23 ans et ne devait jamais revoir la métropole. En effet les condamnés à 8 ans ou plus de travaux forcés, même une fois leur peine accomplie, n'avait pas le droit de quitter la colonie.



Les bagnards couchaient dans des cases collectives, pouvant accueillir jusqu'à 40 condamnés. Les locaux étaient humides et la chaleur constante. Les condamnés devaient aussi supporter les odeurs des toilettes situées à l'extrémité du local, car il n'y avait pas d'eau courante.


Les couchages se faisaient sur des planches en bois. Les manilles (crochets en acier) permettaient, si besoin, de bloquer la cheville d'un condamné.

~


Saint-Laurent du Maroni, hôpital des forçats, 1907


Joseph Coche s'éteindra le 14 octobre 1899 à l'hôpital de Saint-Laurent du Maroni, à l'âge de 61 ans et après avoir vécut 38 ans dans la colonie pénitentiaire.

Acte de décès de Joseph Coche, 1899



Sources: état-civil de La Côte-Saint-André ; dossier de bagne aux Archives Nationales d'Outre-Mer et recherches de S. Dole, bénévole au Fil d'Ariane ; informations et images du site bagnedeguyane.fr ; gallica.bnf.fr

  2 commentaires:

  1. Merci pour cet article! Je n'ai pas encore ose demander de l'aide pour retrouver 3 freres qui ont tous ete envoyes aux bagnes en meme temps. Quelles informations doit-on avoir avant de pouvoir demander de l'aide? J'ai les actes de naissance et deces pour deux d'entre eux, leur numeros trouves dans les archives des Anoms et un article de journal relatant le probleme du bateau qui les a emmenes en Guyanne et qui mentionne ces trois freres condammes pour vol qualifies.
    Merci pour tout information que vous pourrez partager. Annick H.

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    Réponses
    1. Bonjour,
      Je suis passé par l'entraide précieuse du Fil d'Ariane, en fournissant la côte correspondante au dossier (le quel numéro se retrouve facilement en ligne sur le site des ANOM).
      Mickaël

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