E comme Égorgée

6 juin 2016


Moirans, le 1er juillet 1889.

À son réveil vers 7 heures du matin monsieur Auguste Perrin s'aperçoit que sa fille Mélanie, 23 ans, n'est pas rentrée au foyer. La veille peu après 19h la jeune femme était sortie rejoindre deux amis pour aller boire au café du village. Son père a veillé jusqu'à minuit mais Mélanie n'est jamais revenue. Souvent elle découchait de la maison mais rentrait toujours au petit matin. Auguste, pris d'inquiétude, se rend à la recherche de sa fille.

Il passe alors devant la grange de son voisin, monsieur Berthet, et apercevant la porte ouverte il entre dans le bâtiment. C'est ainsi qu'il retrouve sa fille, morte, baignant dans son sang.


Auguste se rend à la gendarmerie pour déclarer le décès et afin que le coupable soit retrouvé. Le sieur Fugier, médecin, se rend sur les lieux du crime. Le cadavre de la petite Mélanie est couché sur le côté droit, le bras droit sous le cou et le bras gauche ployé. Au tour de son cou est fixée une corde sous un petit foulard. Le cou de la victime porte plusieurs blessures, faites à l'aide d'un instrument tranchant. Le médecin déclare que la mort date de la veille, 30 juin, vers 20 heures. La jeune fille fut étranglée mais le décès est dû à la coupure faite au cou.

Une perquisition est faite chez le père de la victime, mais rien ne fut trouvé de compromettant. Les gendarmes vont alors interroger les amis que Mélanie devait fréquenter le soir de son décès.

Marie Revelin épouse Jallud, 32 ans et ouvrière en soie chez le sieur Poncet, de même que la victime, déclare:
- « Vers 17 heures j'étais avec monsieur Muret Joseph, nous avons bu au café Gandet jusque 21 heures, au café Derbey jusque 23 heures puis de nouveau au café Gandet. Nous en sommes sortis à minuit. Monsieur Muret et moi avons dormis ensemble dans la grange voisine du café. C'est monsieur Gandet le propriétaire qui nous a réveillés ce matin à 8 heures. Hier je n'ai nullement vu la fille Perrin. Elle est connut dans le pays pour avoir beaucoup d'amants, mais je ne les connais pas. »

Monsieur Muret, l'amant de la précédente et lui aussi ami de la victime, fit une déclaration des plus semblables. Rien de compromettant ne fut retrouvé ni chez l'un, ni chez l'autre.

Les gendarmes prennent ensuite la déclaration d'Antoinette Perrin, 21 ans, sœur cadette de la victime:
- « Hier soir je suis venue rendre visite à mon père vers 19 heures 30. Ma sœur Mélanie étant absente, j'ai interrogé mon père à ce sujet. Il me dit que Mélanie était sortie. Je ne l'avais pas vue de la journée. Je sais que ma sœur fréquentait trois hommes: monsieur Pascal, chaudronnier à Grenoble ; monsieur Genevret, marchand de vaisselle et un dernier que je ne connais pas, qui est marchand de mercerie. »

 Mélanie Perrin menant une vie des plus dissolue, les gendarmes pensèrent que le crime était dû à une querelle de jalousie amoureuse. Malgré les recherches et les investigations, aucun coupable ne fut démasqué. À ce jour encore, le crime reste impuni.


Sources: Affaire Vacher, Archives départementales de l'Ain, Pièce n°466, procès verbal concernant l'assassinat de Mélanie Perrin (Moirans, 01/07/1889) ; 

  2 commentaires:

  1. Une jeune fille de 23 ans aussi libre que Mélanie , en 1889, c'est incroyable. Heureusement que c'est toi qui le racontes !
    Comment la connais-tu ?

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    1. J'ai eu connaissance de cette histoire sur le site des Archives départementales en ligne. Cela m'a fait froid dans le dos, car je connais bien la petite ville de Moirans.

      Merci pour la visite ! ;-)

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