I comme Internement

10 juin 2016


Une pratique assez étrange - barbare me direz-vous ? - avait cours dans les asiles d'antan. Voyez plutôt ces croquis...



Dans son Traité sur l'aliénation mentale, Joseph Guislain (qualifié d' "aliéniste belge, réformateur de l'assistance aux aliénés et promoteur de méthodes thérapeutiques originales") nous explique que ces procédés ont pour but de maîtriser l'aliéné ou d'éviter sa suffocation dans des crises d'urgence.

« On promène l'aliéné, pour l'exposer à l'action de ce moyen [...] un servant enferme à l'extérieur de la porte, tandis qu'un autre lâche une détente qui, par cette manœuvre, laisse enfoncer le malade, enfermé dans la cage, jusque dans l'eau. Après avoir produit l'action désirée, on fait remonter la machine, ainsi qu'on peut le voir dans le dessin donné à ce sujet. »

L'auteur cite ensuite des cas où la méthode s'est avérée efficace:


Source: Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénés. Tome 1 & Tome 2. Joseph Guislain, 1826 - Gallica
Illustrations: Banque d'images et de portraits - Bibliothèque interuniversitaire de Santé (BIU Santé)






Lisez aussi: Jean-Pierre, le tuteur fou, le destin d'un "aliéné".

  3 commentaires:

  1. Il faut savoir qu'à la base, les asiles - venus d'Angleterre - étaient des lieux où on appelait fous les opposants politiques... Ca en dit long sur l'histoire de la folie et de la psychiatrie. Les croquis que tu montres illustrent bien l'absurdité des "traitements" appliqués aux "aliénés". Bravo pour l'article qui a le mérite de mettre la lumière sur un sujet qui m'intéresse particulièrement !
    Bon challenge,
    Guillaume

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    1. Merci. Ce n'est pas un sujet des plus joyeux, mais il montre bien qu'il fallut longtemps pour que le malade soit considéré et que sa santé passe avant tout autre chose. A bientôt.

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  2. Ton récit est terrifiant,les méthodes d'alors ne pouvaient conduire qu'à l'aggravation des symptômes. Grâce à Freud et ses collègues, la reconnaissance des maladies mentales a changé notre regard. L'aliéné n'est plus un étranger mais notre semblable. Avec l'antipsychiatrie, les asiles se sont ouverts.

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