Annibal et les derniers Musy du Châtelard

26 juil. 2016


Annibal de Musy était seigneur du Châtelard, une maison forte située sur les hauteurs du village de Cessieu, près de La Tour-du-Pin en Dauphiné. Il succédait ainsi à son père Pierre décédé en 1636 et à son grand-père Léonard décédé en 1620. La seigneurie était entrée dans la famille Musy avec Léonard, qui l'avait acquise en 1613.


Site de l'ancien Châtelard à Cessieu.
L
es ruines de la maison forte servirent à construire la chapelle de La Salette en 1864.

Un jugement rendu à Vienne le 2 octobre 1641 par maître Laguette, rapporte qu'Annibal ne paye pas la taille sur ses biens nobles. Mais il fut condamné à la payer sur ses biens roturiers, sans préjudice de sa noblesse personnelle «tant que lui et les siens vivront noblement».

Annibal de Musy eut quatre épouses. Il épousa en premières noces à Saint-Marcel-Bel-Accueil, le 4 juin 1650, Virginie de Loras fille de Philibert. Elle lui donna un fils, Jean, en 1652 et une fille en 1657 prénommée Françoise.

Acte de mariage d'Annibal de Musy et Virginie de Loras:
« La veille de la Pentecoste de l'annee 1650 ont este espouse noble Annibal de Muzi sr du Chastelard et damoyselle Virginy de Loras fillie de noble Philliber de Loras en presence de monsr de Champie mr du Veau et mr de Faugence avec plusieurs autres dans leglise de St Marcel ».

Veuf, Annibal épouse Françoise de Varambon le 16 janvier 1663 à Cessieu. À ce jour je ne leur connais pas d'enfants.

La troisième épouse d'Annibal fut Antoinette Rostin qu'il épousa le 10 janvier 1680 à Lyon, paroisse Sainte-Croix. Dans l'acte de mariage l'époux est qualifié d'écuyer. Un fils, Laurent-Annibal, était déjà né de leur liaison et fut légitimé lors de leurs noces. Ils eurent également une fille, Marie, décédée en 1701 à l'âge d'environ 12 ans.

Annibal épousa en quatrièmes et dernières noces Marguerite Rey-Brachet, qui lui donna deux fils: Claude-Gaspard et Jean-Joseph de Musy. Marguerite, devenue veuve, épousera le 18 janvier 1698 Alexandre Priez qui était marchand à Cessieu.
En plus de ses quatre mariages Annibal eut trois enfants naturels:
- Magdeleine baptisée le 12 février 1649 à Cessieu. Qualifiée de "fille donnée", soit illégitime, sa mère est Françoise Florer, native des Eparres.
- Antoinette baptisée le 14 janvier 1650 à Cessieu. La mère n'est pas nommée dans l'acte de baptême de l'enfant.
- Claude baptisé le 23 mars 1663, à l'âge de 3 ans et qualifié de "fils donné par Marguerite Colliard à noble Annibal de Musy".

Signature d'Annibal de Musy

La date de décès d'Annibal m'est inconnue mais dès le 10 août 1693 son fils aîné Jean est cité comme seigneur de la maison forte du Châtelard, dans les registres du notaire Guédy à Cessieu. Le 10 septembre suivant Jean de Musy est présent lors de la rédaction du contrat de mariage de son domestique, Jean Rey-Brachet (notez qu'il porte le même patronyme que la quatrième épouse d'Annibal...) à La Tour-du-Pin. Jean s'engage à lui payer les 60 livres qu'il lui doit comme reste de ses gages.

Jean de Musy sera inhumé à Cessieu le 3 mars 1697.


Signature de Jean de Musy



Armes de la famille Musy, branche cadette issue de Léonard:
« d'azur au lion d'or, armé et lampassé de gueules, brisé d'une bordure d'argent ».


Le second fils d'Annibal, prénommé Laurent-Annibal avait choisie une carrière militaire et s'était établit à Paris, paroisse Saint-Sulpice. Il semble qu'il n'entra jamais en possession de la maison familiale.

C'est Claude-Gaspard de Musy, le troisième fils d'Annibal, qui hérita de la seigneurie du Châtelard. Il fut le cinquième homme de la famille à entrer en possession de cette maison forte. Il en sera le dernier car il fit rédiger son testament «se voyant atteint d'une maladie dangereuse» le 14 février 1703, par maître Bergeron.

Claude-Gaspard lègue 50 livres à sa mère Marguerite Rey-Brachet et 60 livres à son frère cadet Jean-Joseph de Musy, les excluant de tous ses autres biens. Il nomme comme héritière universelle sa sœur consanguine Françoise de Musy, veuve de Philippe Cordier-Lacombe. Le testament fut rédigé à Cessieu, dans la maison forte du Châtelard, où vivaient ensemble en 1703 Claude-Gaspard et sa sœur Françoise.

Signature de Claude-Gaspard de Musy.
Il signe d'une main hésitante et tremblante son testament en 1703.

C'est ainsi que Françoise de Musy hérita de la maison forte du Châtelard de Cessieu à la mort de ses frères. Elle en fut la première dame et la dernière propriétaire à porter le nom de Musy.

Françoise fut baptisée le 25 avril 1657 à Cessieu. Son parrain était noble Ennemond de Musy, seigneur de la Molette, cousin germain de son père Annibal. Sa marraine fut Françoise de Vantes, mère du dit Ennemond. Elle épousa en 1680 Philippe Cordier-Lacombe, bourgeois, à qui elle donna plusieurs enfants. La famille était établie à La Côte-Saint-André.

Signature de Françoise de Musy

Françoise était déjà veuve le 18 juin 1697, lorsqu'elle passa un acte devant le notaire Guédy. Elle déclare devoir 150 livres à messire Pierre Izoard, curé de Succieu. François Joffrey et Antoine Muhet, domestiques de la damoiselle, sont présents et témoins de l'acte, qui est rédigé «dans la maison forte du Chastellard sur Cessieu, appartenant à la dite damoiselle et dans laquelle elle habite».

Françoise fut inhumée le 11 septembre 1705 dans l'église de Cessieu, en présence de son fils Ennemond Cordier-Lacombe. La maison forte entra dans la famille Cordier-Lacombe de La Côte-Saint-André, et à l'époque de la Révolution elle était déjà devenue la propriété de la famille Joubert de Montlevon.


Sources:
- Bibliothèque Municipale de Lyon: fonds Morin-Pons
- Archives départementales du Rhône: fonds de l'Ordre de Malte
- Archives départementales de l'Isère: registres paroissiaux de La Tour-du-Pin, Cessieu et Saint-Marcel-Bel-Accueil ; archives notariales
- Archives communales de Cessieu: www.cessieu.fr
- Archives municipales de Lyon
- Recherches de Marie Georges Vialleton
- Recherches de Patrick Martin: pjpmartin.free.fr
«L'Armorial du Dauphiné», Gustave de Rivoire de La Bâtie, 1867
- HeraldiqueGenWeb: dessin des armoiries de la famille Musy par Jacques Vigneron
«Histoire des châteaux de La Tour-du-Pin et de la région», revue Évocations, André Dénier, 1945-1948

  2 commentaires:

  1. Je ne suis pas très au fait de l’histoire des impôts, mais je pensais que les seigneurs n’étaient pas assujettis à la taille. En ce qui les concerne quelle est la différence entre biens nobles et biens roturiers ?

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    1. C'est une très bonne question :) En 1641 cela faisait environ 60 ans que la famille Musy était anoblie. Sans doute que la plupart de leurs possessions étaient d'anciens bien roturiers. Peut être qu' un lecteur nous éclairera ?

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